The Wall

De la stupidité de la guerre

Doug Liman est un spécialiste des ambiances guerrières et de l’action soutenue. En effet, c’est à lui que l’on doit notamment La mémoire dans la peau, Mr and Mrs Smith et Edge of Tomorrow. Cette fois on a droit à 90 minutes de suspense et de cinéma intimiste. Deux soldats américains sont la cible d’un tireur d’élite irakien. Seul un pan de mur en ruine les protège encore d’une mort certaine. Au-delà d’une lutte pour la survie, c’est une guerre de volontés qui se joue, faite de tactique, d’intelligence et d’aptitude à atteindre l’ennemi par tous les moyens… Tout est bon dans ce film, le thème, le scénario, la réalisation et l’interprétation. Une réussite du genre « film de guerre » intelligent.

L’action suit un sniper américain pris pour cible par un légendaire tireur d’élite irakien, mais il raconte également l’histoire d’hommes qui se mentent autant à eux-mêmes qu’à l’autre. Le jeu du chat et de la souris auquel ils se livrent durant la majeure partie du film est une manifestation extérieure de ce qui les agite intérieurement. Les échanges radio entre le soldat américain et son homologue irakien ainsi que leurs dialogues tout au long du film révèlent les points communs des personnages autant que le vaste fossé qui les sépare. Le film a été tourné en 14 jours à Lancaster, dans le désert près de Los Angeles. Le mur qui offre une protection précaire à Isaac contre l’assaillant irakien devient presque un personnage à part entière dans le film. La structure est progressivement détruite tandis que les deux soldats échangent des tirs. Le scénario a essayé de raconter l’histoire en construisant tout un monde à travers ce mur parce qu’il représente la différence entre la vie et la mort. Malgré un calendrier serré, un budget restreint, des conditions météorologiques éprouvantes et la volonté de la production de tourner en lumière naturelle, on marche de bout en bout et on sort éprouvés de la salle de cinéma en s’interrogeant une fois de plus sur l’inanité de la guerre.

Aaron Taylor-Johnson ne quitte pas l’écran un seul instant et nous offre une interprétation d’une force et d’une intensité rares. On est en parfaite empathie avec son personnage et on souffre avec lui pendant 90 minutes. Une vraie performance. A ses côtés, on note la présence épisodique de John Cena et l’étonnante participation vocale de Laith Nakli… Eh oui ! Un film de guerre à deux personnages… C’est ce qui fait la grande originalité de ce huis-clos en plein désert, efficace, existentiel, brutal, pertinent… utile.    

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