Comment j’ai rencontré mon père

Tout en humanité


Maxime Motte a à peu près tout fait dans ce film, à part la cuisine et le ménage – et encore je n’en suis pas si sûr -, et en plus c’est son premier film en tant que réalisateur. Mais il est aussi scénariste, dialoguiste sans compter sa petite partition d’acteur. 85 minutes plus que sympathiques d’une comédie tendre dans l’air du temps. Dans la famille d’Enguerrand, petit garçon adopté d’origine africaine, rien ne se fait comme ailleurs ! Son père, Eliot, assume si peu d’être un père adoptif qu’il bassine son fils à longueur de journée sur ses origines africaines. Pour sa mère, Ava, Eliot en fait trop : trop aimant, trop étouffant… Une nuit, Enguerrand croise le chemin d’un migrant, Kwabéna, à la peau noire comme la sienne. Pour lui, c’est sûr, il s’agit de son père biologique ! Il décide donc de l’héberger dans sa chambre, à la grande surprise de ses parents… De péripéties en rebondissements, l’aventure pourrait bien souder la famille comme jamais. Une des belles surprises françaises de cette fin de printemps. Un spectacle tout public, réjouissant sans être ni mièvre ni raccrocheur.

Comme dans La Vie est belle de Roberto Benigni, – même si le contexte est loin d’être aussi dramatique -, pour contrer la tragédie, le père invente un monde merveilleux pour son enfant. Maxime Motte ajoute : On sait que le rire est l’un des meilleurs médicaments qui soit. Et je tenais à illustrer que, même si nous ne l’exploitons pas toujours, nous avons tous en nous le pouvoir de désamorcer des situations de crise par la sympathie. Voilà, le mot-clé de ce film est lancé : la sympathie. On a de l’empathie pour tous les personnages, la comédie est solaire, les paysages aimables – le tournage s’est déroulé dans le Nord de la France, notamment sur la côte d’Opale et à Bray-Dunes, à côté de Dunkerque -, les dialogues sont ciselés et les acteurs épatants… Que demander de plus ? Et pourtant on nous parle de problèmes aussi graves que les migrants, l’adoption ou la recherche d’identité. Une vraie réussite.

Je le répète, ce film doit beaucoup à son casting. François-Xavier Demaison est tout simplement formidable dans le rôle de ce père adoptif imparfait mais tellement humain. Un de ses tout meilleurs rôles. Que peut-on encore dire de la magnifique Isabelle Carré, toujours aussi juste et sobre ? Albert Delpy, qu’on retrouve toujours avec immense plaisir, est savoureux dans la peau du grand-père indigne… un vrai plaisir gourmand ! Diouc Coma et le petit Owen Kanga complètent cette distribution qui nous donne beaucoup de plaisir. Touchante et farfelue, on se laisse prendre à cette quête du père un tantinet déjantée.   

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