Suntan

Sea, sex and sun… à la grecque

Argyris Papadimitropoulos a 40 ans et c’est son premier film. Primées à Edimbourg et à Bruxelles, ces 104 minutes ont un ton très original et on se laisse prendre à ce marivaudage un tantinet sordide auquel on peut sans doute reprocher un certain manque de vraisemblance. – j’y reviendrai -. Kostis, la quarantaine, est engagé par la municipalité comme docteur sur l’île d’Antiparos en Grèce. Il passe un hiver solitaire et morne.  Mais quand l’été arrive, l’île se transforme en lieu de villégiature hédoniste avec ses plages naturistes et ses fêtes sans fin. Kostis rencontre la jolie et séduisante Anna dont il tombe amoureux et fait tout pour lui plaire. Très vite il passe son temps à faire la fête, boire et sortir avec Anna, au détriment de son travail. Un film grec sur nos écrans, c’est incontournable, et malgré quelques réserves, on passe un bon moment.

Ce film représente la face sombre de ce que le réalisateur décrit comme une histoire sur la crise de la quarantaine. Cette expression est d’ailleurs l’une des premières choses qui lui serait venue à l’esprit avant d’écrire le scénario du film. A ce propos, le cinéaste ne travaille pas avec un scénario intégralement rédigé ou des dialogues définitifs. Il a plutôt pour habitude d’écrire un synopsis de chaque scène puis improviser avec les acteurs pendant les répétitions et le tournage. Effectivement, ce qui domine cette comédie dramatique, c’est la liberté de ton des acteurs et actrices. Tourné à Antiparos, une petite île grecque, ce film est une production 100 % grecque. Compte tenu de la situation financière du pays, son financement a été très difficile. Cette variation sur le thème de « la Belle et la Bête », qui m’a paru hautement improbable, nous enfonce dans les délices orgiaques des étés grecs en faisant référence à Lolita et sa dérive vers la noirceur paraît inévitable et donc ne surprend pas sinon par son ampleur. On suit tout de même avec intérêt cette descente aux enfers d’un ours solitaire qui aura cru à l’amour avec un grand A l’espace d’un instant.

Le casting est excellent. Makis Papadimitriou, en particulier, qui porte le film avec ses allures de nounours solitaire, attendrissant avant de devenir effrayant. Face à lui, la très craquante Elli Tringou, qui pour un premier rôle, montre une aisance étonnante. Ajoutons à cette affiche, Dimi Hart et Yannis Tsortekis. Voilà un thriller érotique aussi poisseux que libidineux qui colle à la peau comme l’huile de bronzage dont s’enduit consciencieusement le héros aussi pathétique que maladroit. C’est cette maladresse qui crée l’empathie avant le dérapage final. Un film de plein soleil plus brûlant que bienfaisant. A découvrir.

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