En amont du fleuve

A la recherche du père

J’avais beaucoup aimé le tout petit film de Marion Hänsel, La Tendresse, et, la présence à l’affiche de deux superbes comédiens m’ont conduit à aller voir ces 90 minutes inattendues, étranges, mais somme toute, décevantes. À bord d’un petit rafiot, Homer et Joé, la cinquantaine, remontent un fleuve vers des chutes d’eau en Croatie. Jusqu’au décès, récent, de leur père, ils ignoraient l’existence l’un de l’autre. Pourtant, ils sont demi-frères. Sean, un baroudeur irlandais énigmatique et menteur se joindra à eux. A part les splendides paysages croates et les prestations des acteurs, on ne retient pas grand-chose de ce drame elliptique, qui conserve sa part de mystère jusqu’au bout et laisse le spectateur pantois et déçu sur la rive du fleuve. Un beau film qui ne va pas au bout de son ambition.

Le film raconte un double voyage. L’un, la recherche psychologique, psychanalytique d’un enfant qui a souffert toute sa vie, jusqu’à cinquante ans, de l’absence de père et en même temps ; l’autre, le voyage physique de ces deux demi-frères qui remontent un fleuve vers l’endroit où ils ont appris que leur père avait trouvé la mort et dont on ne saura pas s’il s’agit d’un suicide ou d’un meurtre. Les personnages taiseux, secrets, tourmentés ne parviennent qu’à de rares occasions, à créer l’empathie. On ne comprend pas bien ce qu’ils cherchent, et quand ils semblent toucher au but, on se dit « tout ça pour ça ». 90 minutes d’introspection quasi psychanalytique où le divan est remplacé par une coquille de noix livrée aux caprices d’une nature somptueuse. Un huis clos en plein air !

Le film est écrit sur mesure pour les magnifiques Olivier Gourmet, Sergi López et John Lynch. De coups de gueule en affrontements, de longs silences en bouderies répétitives, ces messieurs nous laissent flotter entre deux eaux durant toute la durée du film. On ne sait pas comment ces demi-frères qui s’ignoraient, ont pu se retrouver, ni ce qu’ils sont venus chercher au fin fond de la Croatie, ni ce qu’ils vont y trouver d’ailleurs. Une question qui pose beaucoup de questions sans y répondre vraiment. Un thriller en eaux troubles qui ne provoquent que des clapotis. Y avait-il matière à faire 90 minutes avec un tel sujet ? J’en doute.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s