Après la tempête

La ronde des regrets

Hirokazu Kore-eda est un enchanteur. Après Tel Père, tel fils et Notre petite sœur, il revient avec un nouveau drame intimiste de toute beauté. 118 minutes de toute beauté à la sauce nippone, donc savoureuse et raffinée. Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble… La tendresse est le maître-mot de cette nouvelle perle venue du Japon. Tout en nuances, ce film lumineux nous emporte jusqu’au plus profond des âmes. Une merveille !

Le titre du film au Japon est Umi yori mo Mada Fukaku ce qui veut dire Plus profond que la mer. J’ajouterai plus profond que les sentiments eux-mêmes. Hirokazu Kore-eda, une fois de plus, tisse pour nous un scénario d’une subtilité sans pareil autour des rapports père/enfant. Voilà donc un beau portrait de famille, intimiste et universel, pudique et élégant. Près de deux heures d’une admirable lenteur, nimbée d’une tristesse nonchalante qui se résume par un inexorable envol des illusions. Un seul mot pour qualifier ce chef d’œuvre d’un des plus grands cinéastes japonais actuels : envoûtant. Laissez vous faire, vous ne le regretterez pas.  

Hiroshi Abe est magnifique de bout en bout. Il porte entièrement le film et avec quelle justesse et quelle précision… du grand art !  A ses côtés, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, et le jeune Sosuke Ikematsu, sont évidemment parfaits. Mais surtout, quel plaisir de revoir à l’écran l’immense Kirin Kiki, qui nous avait enchantés récemment dans Les Délices de Tokyo. Une actrice majuscule ! Vous rirez et vous pleurerez tout au long de cette admirable ronde des regrets et des grisailles de la vie. Oui, c’est bien de la vie, de notre vie que Hirokazu Kore-eda nous parle avec tant de profondeur et de subtilité, sans que pour autant son film ne soit entaché d’un pessimisme absolu. Car pour le réalisateur, il y a toujours un horizon, fût-il rêvé.

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