Aurore

Ménopause et nostalgie

En 2014, j’avais adoré le Zouzou de Blandine Lenoir. Avec ces  90 minutes de comédie douce-amère, elle récidive. Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ? Rien à jeter dans cette petite perle à déguster sans faute.

Comme souvent, dans ce type de film, le sujet est né d’une expérience personnelle. J’abordais la quarantaine avec angoisse sans comprendre pourquoi j’avais si peur de vieillir alors que mes amis hommes ne partageaient pas cette inquiétude. Je me suis vite rendue compte que les femmes de cinquante ans n’étaient absolument pas représentées au cinéma. Comment avoir envie d’atteindre un âge qui n’est pas représenté ? Je voyais beaucoup d’amies autour de moi y arriver dans une solitude amoureuse terrible ; des femmes formidables, belles, douées, dont les ex avaient refait leur vie. J’ai eu envie de leur rendre hommage, leur donner – et me donner – envie de vieillir. « Aurore » est aussi une façon de soigner mes propres angoisses. Voilà, tout est dit. Partant de cette idée, Blandine Lenoir a construit une histoire solaire, tendre et drôle qui balaye tous les problèmes de notre société en crise, la solitude, le chômage, la vieillesse. Du scénario en béton, une mise en scène sans reproche, des dialogues savoureux et surtout une interprétation épatante… Enfin une très belle comédie intelligente et sans outrance dans le cinéma français… ça fait du bien.

Agnès Jaoui trouve là un de ses meilleurs rôles et sait nous prouver qu’il y a une vie après la ménopause. Elle porte le film et est tout simplement formidable. Mais tous les autres, et je vais me faire un plaisir de les citer, lui donnent une réplique parfaite : Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Suco, Lou Roy-Lecollinet, Philippe Rebbot, Laure Calamy, Samir Guesmi. Ça pétille comme du champagne, ça parle joyeusement de choses graves, un morceau d’optimisme comme en voit peu, bref, c’est d’une intelligence rare. Lumineux !

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3 réponses à “Aurore

  1. olivier Carniato

    Hello l’ami ! Oui..film très touchant, presque tragicomique à l’italienne, sans flot de musique racoleuse, joué vrai; ça ns change des dernières comédies françaises sans substance de ces derniers mois…biz… vive le ciné …le bon si possible !

  2. Et aussi la géniale et hilarante Jeanne Ferron !

  3. J’ai été un peu agacée au début, ici où là puis emportée par l’émotion et l’amusement, la joie… Un film tout en sentiments avec de grands moments comme lorsqu’au restaurant « Le Bel Canto », les protagonistes ne peuvent pas se parler, un fabuleux travail d’acteurs par un jeu de mimiques et regards, on les « entend » s’exprimer !… Un grand moment de cinéma et de…bonheur.

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