Un profil pour deux

Pris dans la toile 

Stéphane Robelin avait réalisé il y a 4 ans une comédie réjouissante, Et si on vivait tous ensemble. Il revient avec une autre comédie et encore Pierre Richard. Pierre, veuf et retraité, ne sort plus de chez lui depuis deux ans. Il découvre les joies d’internet grâce à Alex, un jeune homme embauché par sa fille pour lui enseigner les rudiments de l’informatique. Sur un site de rencontre, une ravissante jeune femme, Flora63, séduite par le romantisme de Pierre, lui propose un premier rendez-vous. Amoureux, Pierre revit. Mais sur son profil il a mis une photo d’Alex et non la sienne. Pierre doit alors convaincre le jeune homme de rencontrer Flora à sa place. 100 minutes très douces, en demi-teinte, une histoire gracieuse très joliment interprétée.

Stéphane Robelin aime raconter des histoires centrées sur des personnes âgées comme en témoignent ses deux derniers films.  Il a également voulu que l’histoire de son nouveau film soit très actuelle, notamment via l’importance d’Internet, qu’il voit comme un marqueur de modernité permettant à tout le monde de communiquer, voyager, faire des rencontres, vivre par procuration, rêver, s’inventer une identité et même de tomber amoureux… Le scénario nous propose un portrait doux-amer d’une sorte de Cyrano du XXIème siècle, à ceci près que ce n’est pas son nez qui le paralyse, mais son âge… Grâce à son verbe, il va, comme lui, séduire une jeune femme, en tomber fou amoureux, mais envoyer quelqu’un d’autre au moment de la rencontrer… Cette histoire de substitution, de vie par procuration est aussi drôle qu’attendrissante. C’est une belle transposition contemporaine du chef-d’œuvre d’Edmond Rostand. À ceci près qu’ici, elle n’est pas tragique, mais comique, et qu’elle se termine bien. La mise en scène est lumineuse, la musique de Wladimir Cosma toute en délicatesse comme les personnages qui peuplent ce film lent, léger et très original.

Pierre Richard est un grand acteur et il prouve, encore une fois ici, qu’il possède une vraie palette de jeu même si on l’a cantonné trop longtemps dans les rôles d’hurluberlu burlesque et poétique. Il a maintenant 84 ans et il est plus jeune que jamais. Yaniss Lespert, dont c’est le 1er grand rôle au cinéma, est une vraie révélation. On le reverra sûrement car il a une manière de jouer très personnelle et intéressante. A leurs côtés, une autre révélation, la très craquante Fanny Valette, qui crève l’écran. A suivre de près ! On citera encore Stéphanie Crayencourt, pour compléter cette très jolie distribution. 1 heure 40 de délicatesse pendant laquelle on sourit volontiers, un joli moment qui réchauffe le cœur, sans l’ombre d’une vulgarité et, même si les situations sont un peu attendues, on se laisse séduire par ce vieillard magnifique pris dans un vaudeville plus poétique que trépidant.

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