A bras ouverts

Au bout du mauvais goût

Il a deux jours de cela, je vous disais le plus grand mal de Telle mère, telle fille, en regrettant que l’hystérie n’ait pris le pas sur le jeu d’excellents acteurs. Mais que dire du navet XXL de Philippe de Chauveron à côté duquel le film de Noémie Saglio apparaît comme un monument de calme et de bon goût ? 92 minutes qui dépassent toutes les limites permises au navrant et à l’absence de talent. Figure de la scène littéraire et médiatique française, Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors que Fougerole fait la promotion dans un débat télévisé de son roman « A bras ouverts », invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d’appliquer ce qu’il préconise dans son ouvrage. Coincé et piqué au vif, Fougerole prend au mot son adversaire et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Mais dès le soir même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison de Marnes-la-coquette… Les convictions des Fougerole vont être mises à rude épreuve ! Après un coup de maître, qui passe maintenant pour un immense coup de pot, avec Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, on aurait dû se méfier avec l’énorme ratage – et je suis poli – de Débarquement immédiat. Au secours fuyons ! Plus mauvais tu meurs !

Cette tragédie du 7ème Art  – il y des mots qui dépassent de toute évidence ma pensée – ne mérite évidemment pas la polémique qu’elle semble faire naître. Les scénaristes ont tenté de réutiliser les recettes de leur gros succès en les appliquant aux Roms. Eh bien c’est raté, et dans les grandes largeurs. A part la situation de départ, il n’y a pas le soupçon du début d’une idée. Les gags tombent à plat lamentablement, la mise en scène est minimaliste, le rythme inexistant, les dialogues affligeants… et on ne peut même pas féliciter les acteurs qui en font des tonnes. Il ne faut pas confondre l’énergie et l’hystérie, la farce et la nausée. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pitoyable !


Deux mots sur le casting. Christian Clavier retombe ici dans ses pires travers, rictus, hurlements permanents, et jeu inspiré par les célèbres Chargeurs Réunis… tout en finesse. Ary Abittan, qui ne manque pas d’abattage, en fait lui aussi des caisses jusqu’à l’insupportable. Elsa Zylberstein est tout aussi perdue que ses partenaires et joue une partition qui ne lui convient pas du tout. Quant à Cyril Lecomte, je ne contenterai de l’ignorer tant sa prestation confine à l’indigent. Une minuscule comédie désuète qui se transforme en valse des clichés – souvent nauséabonds – et qui rate complètement sa cible. On n’a pas le droit de foirer un film à ce point là.

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