Fantastic Birthday

Rêve initiatique

Rosemary Myers, la scénariste et la scénographe viennent tous les trois du monde du théâtre et ont monté de nombreuses pièces centrées l’adolescence. Ils nous proposent un premier film en forme d’O.V.N.I. poétique et décalé. Une vraie curiosité. Greta Driscoll, jeune fille introvertie, est en passe de franchir le cap de ses 15 ans. Seule ombre au tableau : elle ne veut pas quitter le monde douillet et rassurant de l’enfance, une bulle dans laquelle elle s’enferme avec son seul ami au collège, Elliott. Quand ses parents lui annoncent l’organisation d’une grande fête pour son anniversaire, elle est prise de panique. Le grand soir, elle va basculer dans un univers parallèle un peu effrayant et complètement absurde dans lequel elle va devoir affronter ses peurs pour pouvoir se trouver et aborder autrement cette nouvelle ère. 80 minutes d’humour et de rêve étranges mais qui, de toute évidence, séduit le public qui a la curiosité de la découverte d’un premier film venu d’Australie.

L’histoire du film possède un côté intemporel mais la réalisatrice a tout de même choisi de l’ancrer dans les années 1970. Elle justifie ce choix par le fait que cette décennie est une époque de grande libération de la femme en Australie. Elle explique : C’est l’époque à laquelle je suis née, mais j’ai fait en sorte qu’elle puisse être comprise par les jeunes d’aujourd’hui, et je pense que c’est justement ce qui rend cette expérience universelle et cette époque si particulière, on ne se laisse pas distraire par la profusion contemporaine. (…) Nous ne voulions pas laisser tomber, les relations et rapports entre personnages ne seraient pas du tout les mêmes dans un film se déroulant aujourd’hui. Les réseaux sociaux n’existaient pas, et il y avait sans aucun doute beaucoup plus d’innocence. Le monde de Genevieve s’ouvre à peine au son de la pop européenne et en Australie, c’était quelque chose de réellement nouveau. De nos jours, n’importe qui a le monde au bout des doigts. A l’arrivée, une histoire étrange, une réalisation très marquée par le théâtre, une interprétation très particulière, mais un charme fou et une vraie drôlerie. Une fable décapante et onirique d’une folle originalité qui fait furieusement penser à l’univers de Wes Anderson.

Un des défis de ce film était de travailler avec des ados et de trouver les perles rares. Réussite complète avec Bethany Whitmore, Harrison Feldman, Eamon Farren, qui sont évidemment des inconnus… mais pour combien de temps encore ? Même si on se perd parfois dans ce labyrinthe onirique, – le moment un peu faible te longuet du film – on se laisse porter par le vent de fraîcheur qui parcourt ce premier film d’une folle liberté. Passablement barré mais très prometteur. Bruno Bettleheim n’est pas loin.

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