Sage femme

La Cigale et la Fourmi

Il n’aura échappé à personne que Martin Provost n’a pas utilisé le tiret dans le titre de son formidable drame mettant en scène de nos plus grandes comédiennes actuelles. Après l’excellent Séraphine et l’intriguant Violette, il récidive dans la qualité et la sobriété qui paraît somme toute une constante de sa filmographie. Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée. Une belle histoire baignée de sincérité, un vrai savoir-faire derrière la caméra et un casting +++… que demander de plus ?

Avec son film, Martin Provost voulait rendre hommage à sa manière à la sage-femme qui lui sauvé la vie à la naissance.  Elle m’a donné son sang et m’a ainsi permis de vivre. Elle a fait cela avec une discrétion et une humilité incroyables… On pense irrésistiblement à la fable de La Fontaine citée en exergue de cette chronique. Les caractères des deux femmes s’affrontent d’abord avant de s’apprivoiser l’une l’autre. Mais si Béatrice est légère, enjoué malgré le drame qui ma frappe, le personnage de Claire est extrêmement complexe, femme seule qui voit toute sa vie basculer en peu de temps, le retour inattendue de la maîtresse de son père, le départ du fils du giron maternelle, l’apparition de l’amour, sans compter la fermeture de sa maternité… malgré tous ces chocs Martin Provost a réussi à nous faire croire à cette femme sage entre toutes… Ajouter à cela trois magnifiques acteurs et vous obtenez un des grands films français de cette année.

Evidemment, réunir Catherine Frot et Catherine Deneuve sur la même affiche est un gage de qualité maximale. Les deux femmes s’entendent à merveille et jouent des partitions très justes et très émouvantes. Si je vous dis qu’Olivier Gourmet est excellent, ça relèverait du pléonasme. Une mention spéciale pour le jeune Quentin Dolmaire, découvert dans Trois souvenirs de ma jeunesse, qui tire fort bien son épingle du jeu face à ces trois « monstres » sacrés. Un film tout en délicatesse, comme suspendu, en état de grâce. Plus qu’un drame, je parlerais plus volontiers de comédie douce-amère soulignée avec bonheur par la musique de Grégoire Hetzel. La preuve que des stars intelligentes savent ne pas faire d’ombre à un aussi beau sujet. Une complète réussite qu’on n’a pas le droit de rater.

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Une réponse à “Sage femme

  1. On sort réjoui de ce film, tendre et interpelant, on sourit, on est ému, on les admire, actrices et acteur, bref un excellent moment.

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