Grave

Trash, gore… oui mais pas seulement !

Sensation de la Semaine de la Critique 2016, primé à Gérardmer, aux Festivals du film Fantastique de Paris et de Strasbourg, 3 autres fois en Catalogne et à Toronto, le premier film de Julia Ducournau est arrivé auréolé d’une renommée très favorable sur nos écrans. Pour une première, on peut dire que c’est plus que gonflé. Le trash et le gore font assez peu partie du paysage habituel du cinéma hexagonal. Mais, il s’agit de ne pas s’arrêter à ces deux qualificatifs, car il y a beaucoup plus que ça dans ces 98 minutes qui n’ont pas fini de faire parler. Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature. Ecrit par une jeune cinéaste qui avoue avoir vu Massacre à la tronçonneuse à l’âge de 6 ans, ce film secoue le spectateur qui ne sort pas indemne de ce constitue une œuvre juste dérangeante pour certains et une véritable épreuve pour d’autres. Mais quoi que l’on dise, quelle originalité !

Julia Ducourneau, 33 ans, est une récidiviste puisque, avant ce premier « long », elle avait réalisé Mange, un téléfilm interdit au moins de 16 ans, pour Canal+ en 2012, et Junior, un court-métrage de 21 minutes. À chaque fois, la cinéaste traite de métamorphose physique. C’est vous dire si cette jeune a ses obsessions et un univers très particulier. Pour elle, Grave signifie la gravité, au sens physique du terme, quelque chose qui nous tombe dessus, nous cloue au sol, un poids que l’on porte tous. D’autre part, elle a choisi de donner le prénom de Justine à son héroïne en référence au livre du Marquis de Sade, Justine ou les malheurs de la vertu… tout est dit. Beaucoup de thèmes abordés, l’amour, l’identité, la sexualité, l’atavisme, dans ce film dont il est difficile de parler sans dévoiler tout le mystère qui entoure l’évolution de la jeune héroïne. Pour parler cinéma, l’image du belge Ruben Impens est magnifique, la musique de Jim Williams ne l’est pas moins. Il y a du Cronenberg dans cette plongée savante dans l’horreur.

Une autre découverte, celle d’une actrice formidable, Garance Marillier, qui porte le film de bout en bout avec une force et une conviction troublantes. A ses côtés Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Joana Preiss, Laurent Lucas, sont parfaits également. Un voyage en territoire inconnu, ça ne se refuse pas. Sachez qu’aux Etats-Unis, des cinémas ont eu la bonne idée de distribuer des sacs à vomi aux spectateurs venant voir le film, au cas où ceux-ci se sentiraient mal durant la projection dont les effets sur l’estomac seraient assez dévastateurs selon l’expérience de certains cinéphiles…. Je vous rassure, c’est très exagéré, comme tous les teasings qui nous viennent du beau pays de Mister Trump. Osez ce film « sang pour sang » original !

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