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Chacun sa vie

Prodigieusement… inutile

On a maintenant toujours le même problème avec le nouveau film de Claude Lelouch… on ne sait plus quoi en dire sans se répéter indéfiniment. On ne peut que reconnaître qu’il est un grand cinéaste, il a un regard, il sait manier une caméra, il a des idées et surtout il adore les acteurs. Mais, une fois de plus, ces très longues 113 minutes n’apportent rien de nouveau. Ils ne se connaissent pas, mais tous ont rendez-vous pour décider du sort d’un de leurs semblables. Avant d’être juges, avocats ou jurés, ils sont d’abord des femmes et des hommes au tournant de leurs existences, avec leurs rêves et leurs secrets, leurs espoirs et leurs limites, tous sous un même soleil, chacun avec sa part d’ombre. Dans une jolie ville de province, le temps d’un festival de jazz, la vie va jongler avec les destins… Du concentré d’humanité qui va et qui vient au gré d’histoires plus qu’improbables. On ne s’ennuie pas… mais on se lasse.

C’est en assistant à une plaidoirie d’Éric Dupond-Moretti que Claude Lelouch a eu l’idée de réaliser Chacun sa vie. En observant chacune des personnes présentes dans le tribunal, le cinéaste s’est imaginé leurs destins croisés et a souhaité les retranscrire dans un film. Notre réalisateur est connu pour la liberté et la spontanéité de ses tournages. Et ça se sent… sans doute trop. Car à laisser la bride sur le cou à certains membres de son énorme casting, il y en a qui font un numéro qui frise souvent le cabotinage. Et par pudeur, je ne dirai rien du  numéro de comique troupier de Bigard… accablant. Alors on va de scène en scène, sans vraiment tout comprendre et quand, tout à la fin, l’explication nous est donnée, c’est plus que décevant. Tout ça pour ça a-t-on envie de dire, comme Lelouch en 1993. La meilleure idée du film, c’est de lui avoir donné comme décor sonore, le Festival Jazz de la ville de Beaune. Toute l’action palpite aux rythmes des groupes de jazz, c’est très réjouissant. Tout comme le numéro incroyable de Johnny Halliday qui s’amuse comme un fou à jouer son propre rôle et celui d’un de ses sosies. Mais à part ça ? Un film choral signé Lelouch avec ses qualités qui ne nous surprennent plus et ses défauts récurrents qui se voient de plus en plus. Décevant.

Côté casting, Éric Dupond-Moretti, Johnny Hallyday, Jean Dujardin, Nadia Farès, Christophe Lambert, Antoine Duléry, Thomas Levet, Marianne Denicourt, Béatrice Dalle, Rufus, Isabelle de Hertog, … bon, ils sont 46 à l’affiche ! Tous participent visiblement de bon cœur à ce film à sketches dont l’épilogue est bâclé comme ce n’est pas permis. Le hasard et les coïncidences ne font pas forcément un scénario, l’accumulation de têtes d’affiche non plus, la virtuosité de Maître Lelouch encore moins… Kitsch, trop bavard et trop souvent incohérent… 

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