La Confession

La naissance de l’Amour

Jusque là, Nicolas Boukhrief nous avait habitués à réaliser des polars comme Le Convoyeur, Gardiens de l’Ordre, 600 kilos d’or pur, Made in France, L’Italien… Aussi ces 116 minutes de remake du célèbre Léon Morin, prêtre de Melville, ont tout pour nous intriguer. Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ? Drame subtil, intelligent, sensible frappé par de véritables moments de grâce. Du très bon cinéma qui a reçu le 1er Prix à Sarlat. Un très bon film français qui touche au plus profond.

Libre adaptation du roman de Béatrix Beck, ce film est avant tout un dialogue entre un prêtre et une jeune communiste, tous deux d’une sincérité absolue dans leur foi et leur ouverture. La période historique tourmentée, deux êtres que tout oppose, et une histoire d’amour à priori inconcevable… la confrontation de ce religieux avec cette non-croyante permet de poser la question de ce qu’est l’Amour. Une belle idée à mettre au crédit du scénario, faire de Barny, non pas une veuve de guerre, mais une femme qui attend le retour de son mari prisonnier, ce qui met les deux personnages sur un pied d’égalité, car tous deux liés par leur engagement ; les deux sont ainsi égaux devant l’interdit. L’autre changement heureux est d’avoir resserré l’action sur deux mois au lieu de 6 années dans le roman. La tension en est ainsi totalement exacerbée. Par contre l’idée d’utiliser le flash-back comme moteur du récit me paraît aussi discutable qu’inutile. Mais à part ces réserves sur la forme, je peux que dire tout le bien que je pense de la mise en scène de ce drame lumineux, de la musique de Nicolas Errera qui sait souligner sans envahit et surtout du jeu magnifique des deux acteurs.

Effectivement, le couple Romain Duris/Marine Vacth est formidable. Elle forte et fragile à la fois, qui sent se fissurer ses certitudes et lui aérien, spirituel, lumineux, convaincu et convaincant. Ce n’était certes pas facile de passer après Belmondo et Riva, un défi parfaitement relevé. Citons encore Anne Le Ny et Solène Rigot, parfaites elles aussi, comme d’ailleurs toute la distribution. De l’émotion à fleur de peau pour un des plus beaux mélos vus depuis longtemps sur les écrans français.  

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