Du sur mesure

Ou l’art de se faire tailler un costard

Il existe actuellement deux mots-clés dans le Grand Prix de l’Elysée : dévoiler son programme et relancer sa campagne. Derrière ces deux verbes, il faut comprendre, modifier le programme et tenter de remonter dans les sondages. Les deux exemples les plus évidents de l’emploi de cette syntaxe, c’est François le Fielleux qui a quasiment tout retiré des idées avancées pour gagner la primaire de la Droite sans le Centre et qui patine totalement dans les intentions de vote des français sacrément échaudés par la boutique de quincaillerie de Tartufillon. Et puis il y a Hamon, qui, lui aussi, enlisé autour des 13 %, tente de ratisser plus large en édulcorant plusieurs de ses mesures que certains leaders socialistes jugent trop… sociales ! Cherchez l’erreur ! Fillon/Hamon, même combat : faire du sur-mesure.

Et le sur-mesure, chez les Fillon, on est des spécialistes. Ainsi donc, depuis 2012, François le Félon se serait fait offrir pour 48.500 euros de vêtements dans la boutique Arnys, rue de Sèvres à Paris, selon le JDD. Pas moins de 35.500 euros auraient été réglés en espèces par un émissaire, une jeune femme, qui aurait livré les fonds au magasin. Par ailleurs, 13.000 euros auraient été réglés par chèque le 20 février dernier. Lors des deux perquisitions de l’établissement de rue de Sèvres, les enquêteurs auraient notamment mis la main sur un patron aux mesures du Sarthois. Les enquêteurs doivent désormais déterminer si ces « cadeaux » s’inscrivent dans une démarche strictement privée entre Robert Bourgi et François Fillon ou si ces achats constituent un éventuel trafic d’influence.

Mais qui donc est ce Robert Bourgi qui surgit en plein milieu des casseroles du Sarthois ? Né en 1945 à Dakar, cet avocat est, depuis 1983, l’éminence grise des différents gouvernements de droite sur les questions africaines. Conseiller de Jacques Chirac, puis conseiller de Michel Aurillac, ministre de la Coopération, en 1986-1988, il se revendique d’abord comme un disciple du controversé Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » de De Gaulle mais aussi de Georges « Pompompidou ». A sa mort, en 1997, ce dernier le désigne d’ailleurs comme son successeur.

Et c’est là que commence le grand slalom. Le journaliste Vincent Hugueux, spécialiste de l’Afrique, dit de lui : On ne se demande jamais s’il va trahir, mais qui et quand. En 2005, Robert Bourgi, un des plus célèbres porteurs de valises de billets de la Vème République,  décide de rallier le clan Sarkozy, qui l’a d’ailleurs décoré de la Légion d’honneur en 2007. Parmi les nombreux conseillers et communicants du chef de l’Etat de l’époque, l’avocat se démarque : Je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy, affirmait-il en 2009 au Monde. En septembre 2011, il décide de trahir Chirac et Villepin. Il fait ainsi des révélations fracassantes au Journal du Dimanche sur sa participation à des financements occultes, estimés à 20 millions de dollars, entre 1997 et 2005. Puis, les choses se gâtent pour le conseiller occulte de Nicolas Sarkozy, lorsqu’Alain Juppé devient ministre des Affaires étrangères. Ce dernier décide de l’écarter peu à peu de la diplomatie étrangère, n’appréciant pas sa façon de mener la politique. Par la suite, l’avocat décide d’apporter son soutien à François Fillon en 2015 avant de faire volte-face et de soutenir Nicolas Sarkozy durant la primaire. Sans, manifestement, rompre le contact avec le désormais candidat LR à l’Elysée. Et c’est là que les soupçons de trafic d’influence apparaissent, car le sieur Bourgi se verrait bien revenir aux affaires si on avait un François III à l’Elysée. Toujours est-il que, même s’il n’a plus beaucoup d’influence aujourd’hui, depuis son bureau avenue Pierre-1er -de-Serbie, près de l’Etoile, l’avocat, qui roule en Maserati, joue toujours de ses réseaux… et de son chéquier, entre autres pour régler les costards sur mesure de l’ex-collaborateur de Gugusse 1er pour un montant de 13.000 euros.

Grasse : 50 409 habitants, les Grassois, dont un jeune con qui se dit harcelé par ses camarades de lycée et a comme passe-temps favori de visionner jusqu’à épuisement les vidéos de massacres en milieu scolaire venues du beau pays de Mr Trump. Ce qui aurait pu se révéler un drame beaucoup plus grave a permis à Estrosi et consort (le moins souvent possible) de réclamer des flics dans toutes les écoles. Certains journalistes se sont permis parler de « l’idée de Christian Estrosi » ??? Que voilà un plaisant oxymore ! Les seules idées qui peuvent germer dans ce pauvre esprit lui permettent seulement de se faire réélire sans discontinuer depuis 1983. L’expérience, c’est une connerie par jour, mais jamais la même. Quant à mettre un policier devant chaque école, chaque église ou chaque bâtiment public, c’est impossible, tout le monde le sait, on n’aurait même pas assez d’hommes pour en coller un aux basques de chacun de nos politiques pour constater leurs turpitudes… On embrasse les utopies qu’on peut. Arletty nous l’a dit il y a longtemps : Certains ne sont jamais seuls, ils sont toujours accompagnés de leur connerie.

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