Kong – Skull Island

La foire aux montres

Le blockbuster de Jordan Vogt-Roberts commence par un duel entre un GI et un soldat japonais, duel qui sera « arbitré » par l’intervention d’un singe monstrueux, le sympathique Kong. Clin d’œil plus qu’appuyé à ce que vont être les 118 minutes à suivre : l’affrontement entre le singe géant créé par les Etats-Unis en 1933 et une créature non moins monstrueuse qui fait furieusement penser au japonais Godzilla. Après cette mise en bouche c’est le grand défilé des clichés de ce genre de film… il y en a tellement qu’on ne pourrait en faire la liste exhaustive… Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong… Cela dit, c’est extrêmement bien fait, rythmé et distrayant… un point c’est tout.

Tourné à Kualoa Ranch, Hawaii, ce film ressemble un peu aux JO du gigantisme. Plus vite, plus haut, plus fort… Un exemple au hasard, le Kong de Peter Jackson mesurait 7 mètres, celui-ci, 30 mètres !!! Alors, je passerai rapidement sur la qualité des effets spéciaux pour m’appesantir sur la musique assourdissante qui accompagne la quasi-totalité des deux heures de projection, sur l’aspect caricatural des personnages – la belle héroïne qui n’a pas froid aux yeux, le héros bodybuildé et sa psychologie proche du néant, le méchant officier aussi abruti qu’obstiné qui a décidé de ne pas perdre deux guerres de suite, le pseudo scientifique à la recherche du « Dieu Dollar », le vieux GI à l’humour à couper au couteau, le grand singe incompris, les gentils autochtones muets mais qui n’en pensent pas moins, la brève et incontournable idylle entre la Belle et la Bête, le duel final entre les deux monstres, etc… Je vous l’ai dit il ne manque pas un bouton de guêtre à ce film qu’il faut prendre pour ce qu’il est… du pur divertissement.  

Côté casting, il y a à prendre et à laisser. Tom Hiddleston, est aussi insignifiant que le personnage qu’il est censé défendre… il n’y a effectivement rien à défendre mais un gros chèque à prendre. Samuel L. Jackson, tout en roulements d’yeux et rictus carnassier, fait son numéro habituel de grand méchant dans le style Chargeurs réunis. Brie Larson est parfaite comme d’habitude à mille lieues pourtant de son Oscar dans Room. John Goodmann joue les pleutres de service avec conviction mais tout le plaisir nous vient du numéro savoureux et souvent très drôle de John C.Reilly, les autres font de la figuration souvent parfaitement inutile. Au cas où vous ne le sauriez pas, nous aurons droit en 2019 à un affrontement entre King Kong et Godzilla. Ce film fait donc figure de bande annonce de luxe. Bref, du pop-corn movie, bourré de savoir-faire technique, mais sans une once de poésie ou de second degré, sans âme.

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