20th century Women

Triptyque féminin

Il y a 6 ou 7 ans, Mike Mills m’avait déjà bouleversé avec son Beginners, une histoire complexe de filiation. Il récidive dans le sujet et dans la qualité. Ces 118 minutes sont tout simplement magnifiques. Une comédie dramatique douce-amère comme on en voit peu, surtout venant des USA. Santa Barbara, été 1979. L’époque est marquée par la contestation et d’importants changements culturels. Dorothea Fields, la cinquantaine, élève seule son fils Jamie. Elle décide de faire appel à deux jeunes femmes pour que le garçon, aujourd’hui adolescent, s’ouvre à d’autres regards sur le monde : Abbie, artiste punk à l’esprit frondeur qui habite chez Dorothea, et sa voisine Julie, 17 ans, aussi futée qu’insoumise… Quelle mise en scène, quelle distribution… quel film !

Le film serait en partie autobiographique, les personnages principaux étant inspirés de véritables personnes qu’a connues le réalisateur enfant. Le personnage principal est notamment inspiré par sa mère, envers laquelle le film constitue une véritable déclaration d’amour. Il s’agit de l’histoire d’amour entre une mère et son fils – une histoire d’amour profonde et totalement à part – mais qui ne peut pas leur procurer l’ancrage émotionnel auquel ils aspirent tous les deux. L’action se situe en 1979, une époque charnière aux Etats-Unis entre des années-bonheur et les années 80 avec les répercussions de la politique de Reagan, l’appât du gain qui prend le pouvoir, la tragédie du Sida, etc. Comme le confie le cinéaste : d’où le sentiment que c’est une ode nostalgique à une époque d’innocence à jamais révolue. On l’a donc compris, l’une des préoccupations du cinéma de Mike Mills est le temps qui passe.

Annette Bening écrase tout sur son passage. Elle invente un personnage de femme tendre, fragile, anticonformiste et bourrés d’humour. Un caractère complexe comme on en voit rarement au cinéma. Un formidable numéro d’actrice grâce également à la réplique subtile donnée par Greta Gerwig, la punk au grand cœur, Elle Fanning, qu’on en finit pas de redécouvrir de film en film, Billy Crudup, l’homme à tout faire – vraiment tout – et le jeune  Lucas Jade Zumann dont l’avenir de comédien s’annonce plus que brillant… quelle présence ! Un film généreux et sensible qui fait un bien fou. A la fois plongée intelligente dans la psyché féminine, questionnement existentiel sur le bonheur et sur la perte de l’innocence. Féministe, libérée et parfaitement réussie.

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