Et les mistrals gagnants

La leçon de bonheur

80 minutes seulement. C’est là, le seul reproche que l’on puisse faire au magnifique documentaire d’Anne-Dauphine Julliand. Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre six et neuf ans. Ils vivent dans l’instant. Avec humour et surtout l’énergie optimiste de l’enfance, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leur maladie.  Avec beaucoup de sérénité et d’amour ces cinq petits bouts d’Homme nous montrent le chemin du bonheur. Un film à hauteur d’enfant, sur la vie tout simplement. Si on m’avait dit qu’un jour je me précipiterais voir un film sur des enfants atteints d’épidermolyse bulleuse, insuffisance rénale ou de neuroblastome… j’aurais eu du mal à le croire. Et pourtant quelle leçon de joie de vivre ces enfants nous donnent reléguant nos petits tracas à moins que rien. Le film, ce n’est pas : « Je vais vous montrer ce qu’est un enfant malade », c’est : « Je vais vous inviter à vous rappeler de l’époque où vous étiez enfant ». Cette insouciance. Et je crois que la fameuse sagesse qu’une fois adulte nous cherchons tous à gagner, ce n’est rien d’autre que cette insouciance. Cette promesse de la vie. En sachant avec lucidité que l’enfance ce n’est pas facile. Qu’il y a des larmes, des douleurs… surtout quand elle est confrontée à la maladie et à une obligation de résilience. Un témoignage lumineux en même temps que bouleversant.

Anne-Dauphine Julliand s’est dirigée vers ce projet parce qu’elle a elle-même perdu une petite fille à cause de la maladie.  Une épreuve que personne n’a envie de vivre. Moi la première. Et pourtant, à travers son parcours et sa manière de vivre sa vie, j’ai découvert une autre façon de vivre la mienne. J’ai un peu redécouvert mon âme d’enfant et réappris à me soucier seulement de ce qui se passe dans l’instant. Cela m’a beaucoup aidée à traverser ce deuil. Elle a ensuite écrit un livre sur cette épreuve, Deux petits pas sur le sable mouillé. En utilisant une seule caméra, la réalisatrice a voulu accompagner les 5 enfants sans rien prévoir au niveau de la mise en scène. La réalisatrice a ainsi opté pour une approche qui ne devait être ni trop proche ni trop éloignée des sujets filmés. Ensuite, la principale difficulté a dû résider dans le montage pour trouver une cohérence en donnant l’impression que les enfants se connaissaient… ce qui n’est pas le cas. Pas un instant de pathos, pas de larmes inutiles, pas d’apitoiement… la vie, rien que la vie pendant qu’elle est encore là. Et la chanson de Renaud qui parle si bien de l’enfance. Un premier film qui a tout d’un grand.   

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s