Moonlight

Pour la cause des « blacks »

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Alors donc le film de Barry Jenkins a reçu l’Oscar du meilleur film américain de l’année. Loin de nier toutes les immenses qualités de ces110 minutes de drame, mon choix se serait porté ailleurs. Faut-il voir ici une récompense très politiquement correcte ? Je le crains un peu. Après avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron, un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde. Moonlight évoque son parcours, de l’enfance à l’âge adulte. Malgré ma réserve liminaire, on nous offre là un très beau film, fort, poignant, bouleversant, mais qui, pour des raisons que j’ai encore du mal à analyser, ne m’a pas totalement convaincu. Mais que de qualités dans ce récit et quelle interprétation. Après tout, ce n’est sûrement pas pour rien que Barry Jenkis croule sous les récompenses, 12 à ce jour entre les 3 Oscars, 6 Spirits Awards, 2 America Awards et 1 Golden Globes… Excusez du peu !

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Evoquer le calvaire des jeunes Noirs qui grandissent dans les cités de Miami aurait pu constituer un sujet bateau, mais le scénario sait sortir des sentiers battus et il est de plus servi pr une interprétation magistrale. Le réalisateur  a grandi dans la même cité violente de Liberty City à Miami, une des zones les plus dangereuses des États-Unis, où se déroule l’essentiel du film. Et comme son héros, se sont posées pour lui également les problématiques de l’identité et de la masculinité. La grande force est de suivre le personnage central à travers trois périodes différentes de sa vie. De la jeunesse où il est souvent livré à lui-même, à une adolescence compliquée par la découverte de son homosexualité jusqu’à l’âge adulte où il est devenu un homme introverti et perturbé qui dissimule sa véritable identité parce qu’il redoute de révéler aux autres son vrai visage. Et puis il y a Miami, un des personnages principaux du film. C’est le réalisateur qui en parle le mieux : C’est une ville unique au monde et c’est le seul endroit que je connaisse sans pouvoir le décrypter. Miami souffre des innombrables difficultés qui frappent l’Amérique, mais elle semble hors du temps car, le plus souvent, c’est un paradis sur terre. On ne peut pas vraiment se retrouver enfermé dans la routine du quotidien quand il fait bon et chaud en permanence et qu’on est environné de palmiers ! Malgré tout, le film parvient à désamorcer tous les clichés liés à la misère, à la violence et à l’homosexualité. Ici, les silences en disent souvent plus long que les dialogues. Et on atteint par moment des sommets de délicatesse, avec une utilisation savante des ellipses, et du hors-champ. Mais pour moi, l’émotion n’est pas toujours là, certaines longueurs ont plombé mon attention et mon désir d’aimer complètement ce moment de beau cinéma.   

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Le cinéaste  a fait le choix d’utiliser 3 acteurs différents pour camper le même personnage (Chiron) à 3 époques de sa vie. Ce sont donc Alex R. Hibbert, Ashton Sanders et Trevante Rhodes, qui se succèdent dans le rôle de Chiron. Du grand art ! Et pourtant c’est Mahershala Ali qui a reçu un Oscar pour le meilleur second rôle. André Holland, Janelle Monaé et Naomie Harris, bouleversante en mère toxicomane, complètent un casting mieux qu’irréprochable. C’est du très grand cinéma et un film à ne rater sous aucun prétexte, même si, je le répète, au moment où je l’ai vu, je n’ai pas réussi à ressentir l’empathie nécessaire pour le personnage d’écorché vif ressentant d’un bout à l’autre la machine à Oscars qu’elle est effectivement devenue.  

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