Split

Le retour d’un très grand

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M. Night Shyamalan est un spécialiste du film d’épouvante. Mais, reconnaissons lui cette qualité, ces scénarios sont souvent d’une très grande originalité. Voilà 117 minutes qui sont encore là pour vérifier cette constatation. Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, le docteur Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats. Un huis-clos terrifiant et envoûtant basé sur un scénario diabolique qui fait passer le spectateur par tous les sentiments du sourire à l’effroi avec une virtuosité rare. Shyamalan de nouveau au sommet.

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Tout est ici réussi dans ce thriller d’épouvante écrit, réalisé et produit par le même homme : la superbe musique inquiétante et éprouvante de West Dylan Thordson, la photographie de Mike Gioulakis, remarqué pour It Follows (un chef d’œuvre du genre), et une interprétation formidable. Le budget de ce film est aussi modeste que ces deux heures sont ambitieuses. Car traiter du trouble dissociatif de l’identité était a priori une gageure. Défi tenu, et comment ! C’est éblouissant et plus que gonflé. Voilà de l’épouvante psychologique aussi tordue que son personnage principal. On nous prouve ici que minimalisme et ambition peuvent parfaitement faire bon ménage.   

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Qu’il soit Dennis, Patricia, Hedwig, Kevin, Barry, Orwell, Jade… et bien d’autres encore,  James McAvoy nous offre – car c’est un cadeau – une performance polymorphe hallucinante. Il est le grand intérêt de ce film. Mais Anya Taylor-Joy, découvert dans l’extraordinaire The Witch, meilleur film d’épouvante de 2016, lui donne une réplique d’une intelligence et d’une force remarquables. Ces amies Haley Lu Richardson et Jessica Suffa, et l’expérimentée Betty Buckley, complètent fort bien un casting lui aussi parfait. Amateurs d’émotion forte et de grand cinéma réunis, voilà un moment à ne pas rater.  

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Une réponse à “Split

  1. Je n’ai pas vu ce film et n’ai pas l’intention d’y aller; la réalité propose déjà assez d’horreurs qui existent bel et bien… je ne vois pas l’intérêt maso d’aller au ciné pour être épouvantée par des horreurs fictionnelles. Par contre, j’ai découvert cette semaine dans les salles obscures de très belles pépites que je conseille avant qu’elles soient rayées de l’affiche : « Mme B, histoire d’une Nord-Coréenne », « L’Empereur », « La cigale, le corbeau et les poulets », « Fukushima, mon amour », et surtout une merveille : « Un pasea di Calabria », documentaire débordant de générosité sur Racie, un village qui a choisi d’accueillir les Migrants (22 nationalités dans ce bourg, perché sur les montagnes de la botte italienne, qui est passé en 15 ans de 900 à 2100 habitants et renaît dans la joie) On y assiste à une élection municipale qui pourrait servir d’exemple aux candidats et électeurs de notre pays ! On ressort du cinéma avec le coeur gonflé d’empathie et en même temps de honte pour notre hexagone… [Vus et aimés aussi « Rock&Roll », Chez nous », « Loving », cités eux sur ce blog] Sans oublier le beau : « Et les mistrals gagnants »!

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