Dans la forêt

Huis-clos initiatique

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Gilles Marchand est avant tout un scénariste (Harry, un ami qui vous veut du bien). Après deux tentatives vite oubliées, voici son 3ème film, qu’il a bien sûr écrit lui-même, un thriller d’une grande originalité et ce n’est pas là la moindre de ses qualités. Tom et son grand frère Benjamin partent en Suède retrouver leur père pour les vacances d’été. Tom appréhende les retrouvailles avec cet homme étrange et solitaire. Le père, lui, semble convaincu que Tom a le don de voir des choses que les autres ne voient pas. Quand il leur propose d’aller vers le Nord pour passer quelques jours dans une cabane au bord d’un lac, les enfants sont ravis. Mais l’endroit est très isolé, au milieu d’une immense forêt qui exacerbe les peurs de Tom. Et plus les jours passent, moins le père semble envisager leur retour… Tout est là pour offrir un grand film. On n’en est pas loin, si ce n’est un certain manque de rythme, mais j’ergote et je pinaille, car, on le sait le cinéma français est avare de ce genre aux frontières de l’épouvante, alors saluons cet essai transformé.

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La naissance du projet est à mettre en parallèle avec des voyages que Gilles Marchand et son frère faisaient lorsqu’ils étaient enfants pour rejoindre leur père qui vivait à l’étranger. Durant 103 minutes, il va s’inspirer largement des doutes et des craintes qu’il ressentait étant enfant pendant ces voyages. Le personnage principal reste la forêt, montrée comme à la fois féerique et angoissante. On ne peut qu’admirer le décor naturel où le film a été tourné ainsi que la maison qui existe réellement. C’est dans ce cadre aussi beau qu’inquiétant que ce huis-clos angoissant va nous envoûter jusqu’à un final étonnant. Un accessit également pour la splendide musique de Philippe Schoeller. Le réalisateur revendique des références telles que Jacques Tourneur, Charles Laughton (La Nuit du Chasseur), le Shining de Kubrick ou le Délivrance de John Boorman… Sans aller jusqu’à ces sommets du film d’angoisse, on ne peut que saluer la réussite de ce tout petit film qui sait jouer avec nos peurs primales et sortir des codes préétablis du cinéma hexagonal.

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Jérémie Elkaïm, glacial, distant, est à son meilleur dans la peau de ce père atypique rongé par un secret enfoui. Le jeune Timothé Vom Dorp a d’incroyables dons de comédien et une intensité rare dans le regard. Ce n’est pas inconnu, car en 4 ans de carrière il a déjà tourné dans de nombreux films… mais, ici, il porte toute l’intrigue sur ses épaules et confirme son talant naissant. Théo van de Voorde est lui aussi très juste et d’une grande sobriété comme tout l’ensemble du casting. Outre l’interprétation et la beauté des images, la force du film est de ne pas être immédiatement lisible et d’ainsi créer un suspense anxiogène jusqu’au cauchemar. Un voyage initiatique également pour le spectateur.

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Une réponse à “Dans la forêt

  1. J’ai gagné des places pour ce film, qui me tentait énormément, mais il ne passe pas dans ma ville. Pffff !

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