Compte tes blessures

L’écorché vif

compte_tes_blessures_mood_neu

C’est le premier long-métrage réalisé par Morgan Simon, jeune cinéaste sorti de la prestigieuse FEMIS en section scénario. 80 minutes étouffantes pour parler de la famille monoparentale, des non-dits, de l’incommunicabilité, de l’amour… Chanteur charismatique d’un groupe de hard rock, Vincent, 24 ans, a déjà tatoué la moitié de son corps. Avec sa gueule d’ange et son regard incandescent, le monde lui appartient. Mais l’arrivée d’une nouvelle femme dans la vie de son père réveille les tensions. Vincent n’entend plus retenir sa colère, ni son désir. Un film direct qui vous laisse KO au mot fin. Un moment rare, minimaliste et très original… pour qui aime le cinéma charnel et viscéral qui fait penser à Cassavetes.  

compte-tes-blessures

Il s’agit en fait du portrait d’un jeune homme de 24 ans qui est en plein doute et rongé par un véritable paradoxe, puisqu’il est capable de crier sur scène avec son groupe de rock devant un public, alors que chez lui, face à son père, il subit et se tait. Le réalisateur explique le choix de son titre : c’est un détournement de l’expression anglo-saxonne « Count Your Blessings » qui veut dire « Compte tes bienfaits dans la vie ». Le titre dit finalement l’inverse : la vie reste un combat. « Count Your Blessings » est aussi le nom du premier album du groupe de post-hardcore, Bring Me The Horizon, qui est la référence du genre et qui compte beaucoup pour moi. Vincent porte la tenue emblématique du chanteur, Oliver Sykes : le maillot noir à rayures rouges de Michael Jordan chez les Chicago Bulls… Le ton est donné : violence de la musique underground et des affrontements père/fils, filmé au plus près des visages et des corps et servi par une mise en scène souvent en plan séquence, qui déborde d’énergie… et d’intelligence.  

compte-tes-blessures1

Kévin Azaïs devient un des plus prometteurs de nos jeunes acteurs. Après Les Combattants, pour lequel il a été « césarisé », Ni le ciel ni la terre, La Belle Saison et dernièrement Souvenir, on prend l’habitude de voir sa gueule d’ange incandescent. Un pur talent ! Mais le couple, formé par Monia Chokri et Nathan Willcocks, lui donne une formidable réplique. Un film halluciné qui donne le vertige par un jeune cinéaste incontestablement à suivre de très près. Plus que prometteur !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s