Corniche Kennedy

Entre deux eaux

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Dominique Cabrera n’a pas une filmographie très fournie en tant que réalisatrice. Elle s’essaie ici au drame avec l’adaptation du roman éponyme écrit par Maylis de Kerangal. Corniche Kennedy. Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité. Marco, Mehdi, Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa, Julie : filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort. Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être. J’attendais beaucoup de ces 94 minutes, sans doute trop d’où ma déception sur la forme comme sur le fond.

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Le personnage central de cette histoire reste la ville de Marseille, sa beauté comme sa misère. La réalisatrice nous dit : Depuis longtemps, je voulais faire un film à Marseille, qui est une ville que j’adore. J’y vais souvent et depuis longtemps. Je suis pied noir, je crois que c’est l’écho avec l’Algérie qui me touche dans cette ville, comme si elle était le miroir d’Alger, de l’autre côté de la Méditerranée. J’aime la grande ville populaire au bord de la mer, le brassage social, ethnique. Au cœur du scénario, des jeunes gens exclus très tôt du système scolaire et marginalisés socialement y sont passés maîtres. Le saut de la Corniche est leur instant de gloire, d’excellence. (Il ne faut pas oublier que sauter de si haut dans la mer est réellement dangereux). Mais on se lasse très vite de ces séances de plongeon à répétition alors que l’intrigue met trop de temps à se mettre en place, ce qui se comprend car elle est minimaliste. On nous montre tous les possibles de l’adolescence, mais avec maladresse comme cette métaphore lourdingue du poulpe qui miroite entre deux eaux ? Traduction : y voir l’ombre de la mafia, le danger qui s’approche des jeunes mais aussi le merveilleux. Sous l’eau, le poulpe est comme une apparition, un animal marin représentant, comme les oursins, les nuages ou l’herbe mouvante, ce monde naturel qui nous porte et nous dépasse. Rien que ça ! Une tragédie adolescente estimable mais inaboutie, car dès qu’elle vire au polar factice, elle barbote entre deux eaux comme les plongeurs de la corniche.

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Lola Creton, parfaite et vibrante, Aïssa Maïga, toujours juste mais qui n’intervient que dans la partie faiblarde du film et Moussa Maaskri, sont évidemment des actrices et acteur chevronnés, mais la réalisatrice a souhaité engager des jeunes de Marseille sans expériences cinématographiques pour une plus grande authenticité. Ceci explique sans doute cela, car je n’ai pas vraiment apprécié Kamel Kadri et Alain Demaria qui ne jouent pas toujours très juste, même s’ils apportent une rage de vivre et un surplus de réalisme au récit. Au final, pas si vertigineux que ça et trop d’incohérences pour un film qui laisse un goût d’inachevé.

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