Dalida

Extrême onction

dalida

C’est Lisa Azuelos, la réalisatrice qui le dit : Je voulais donner l’extrême-onction à Dalida. Qu’on la comprenne, que l’on excuse son geste final. Sa malchance a été d’être une femme moderne dans une époque qui ne l’était pas !  Résultat : 124 minutes d’un biopic confus à l’ambition non aboutie. De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe n°1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l’Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire… Une femme moderne à une époque qui l’était moins … Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle. Strass, paillettes et disco ne suffissent pas à faire un film inoubliable même s’il est servi par un casting irréprochable. Une vraie déception.

dalida

Un premier montage de Dalida totalisait trois heures de film… On a donc échappé au pire ! Par choix, la réalisatrice s’est attachée à raconter toute la vie de la chanteuse, depuis son enfance jusqu’à sa mort. Le frère Dalida, Orlando a supervisé le scénario qu’il devait approuver entièrement, et avait la décision finale quant aux choix des acteurs interprétant sa sœur et lui-même. Il a également mis à disposition ses archives personnelles, images et documents. Le film est chic, mais pas choc. Le défilé quasi ininterrompu de chansons in extenso  de la star et des hommes de sa vie ne fiat pas un film. Et le fait de la poser en permanence en victime sans jamais avancer le moindre doute sur ses torts à elle, tient littéralement de l’hagiographie. Et ce manque de recul est parfaitement agaçant, mais pas autant que ces flash-back permanents avec un sadisme consommé puisqu’on ajoute des flash-back dans les flash-back. C’est vous dire si on s’y perd complètement. Et puis voir Dalida nue au lit avec son amant discuter philosophie et déclarant sans rire : je ne suis pas d’accord avec Heidegger !!! Un must !

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La grande découverte du film reste la très belle Sveva Alviti, ancien mannequin qui décroche ici, à 32 ans, son premier rôle. Elle est très convaincante. Autour d’elle gravite toute une ribambelle d’hommes avec, parmi eux, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Patrick Timsit, Vincent Perez, Nicolas Duvauchelle, Niels Schneider, tous très justes et sobres. Bref, ce ne sont ni le scénario et aux choix parfois discutables, ni la mise en scène du genre plan-plan qui sont à retenir mais le casting impeccable. Liza Azuelos (la fille de Marie Laforêt) nous avait balancé, il y a peu son insupportable Une rencontre. Là, c’est beaucoup mieux mais on est loin d’atteindre les sommets. Plaisir nostalgique pour certains, ou pavé disco-vintage en forme de panégyrique pour d’autres… je fais partie de la seconde catégorie. Paroles Paroles !

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