Fleur de Tonnerre

Empoisonnant

fleur-de-tonnerre-port-louis_2

C’est le premier film de Stéphanie Pillonca-Kervern – la femme de Gustave Kervern qui a d’ailleurs participé au scénario – qu’on a déjà aperçue à de nombreuses reprises comme actrice. Encore une fois, je suis partagé après avoir vu ce drame franco-belge adapté du roman éponyme de Jean Teulé, peut-être justement parce que j’ai lu et beaucoup aimé ledit roman. En 1800, la Bretagne est à genoux, accablée par le régime en place et par le clergé omnipotent. Elle se meurt dans un marasme économique qui n’en finit pas et au milieu de cela, une fillette en souffrance pousse, tant bien que mal. Cette fillette c’est « Fleur de Tonnerre », une enfant isolée, malmenée par la vie et bercée par le morbide. Elle deviendra la plus grande « serial killer » que la terre ait jamais portée et sèmera la mort, peut être juste pour être regardée et aimée.100 minutes esthétiquement irréprochables, mais scénaristiquement trop outrées pour passionner réellement. Une déception.

fleur-de

Hélène Jegado est considérée comme la plus grande tueuse en série de l’Histoire de France. Née en 1803 en Bretagne, la criminelle a été condamnée à mort et guillotinée en 1852. Elle a été accusée d’avoir attenté à la vie de 37 personnes dont 25 ont trouvé la mort. Cuisinière de profession, la tueuse empoisonnait ses victimes avec de l’arsenic qu’elle mettait dans ses plats. Elle a ainsi pu sévir en Bretagne durant 18 ans avant de se faire arrêter. On tente ici de nous émouvoir avec le parcours de cette petite fille malmenée par la vie devenue criminelle et observatrice impuissante de sa propre chute. Et c’est bien là que le bât blesse, car on a du mal à y croire et à trouver une once d’empathie pour l’ «héroïne».  Le tournage s’est déroulé dans la région de Moncontour, entre Saint-Brieuc, Loudéac et Lamballe et dans le pays d’Auray. Les paysages, les décors, les éclairages sont magnifiques, la reconstitution très soignée, la musique de Matthieu Gonet et Sylvain Goldberg accompagne subtilement les images… beaucoup d’atouts, mais, il manque la patte et l’humour du romancier. Un biopic plat et sans saveur malgré l’ambition affichée.

fleur_de_tonnerre

Déborah François porte avec force et conviction ce personnage glaçant mais à force d’hystérie et d’outrance, on finit par décrocher, voire s’ennuyer quand le rire ne nous surprend pas devant l’accumulation de scènes et de dialogues qui frisent le grotesque.  Benjamin Biolay, dont la diction est pour une fois moins pâteuse, n’a pas grand-chose de vraiment intéressant à dire et se complaît dans son jeu léthargique habituel. Les autres, Jonathan Zaccaï, Catherine Mouchet, Féodor Atkine, Miossec, font de la figuration intelligente, mais ne font que passer sur l’écran. Non, décidément, notre empoisonneuse est par trop désincarnée qu’on se demande où est passée la femme sous le costume de la meurtrière. On dirait un téléfilm pour soirée-débat de la défunte ORTF.   

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s