Harmonium

L’écornifleur

harmonium

Prix du Jury « Un Certain Regard » à Cannes, Kôji Fukada nous propose un drame parfaitement écrit et réalisé.120 minutes originales, intrigantes et parfois dérangeantes. Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d’Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l’harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié. Tout en ellipses qui entretiennent le mystère, le film nous offre une plongée jusqu’au plus profond des êtres. Très puissant.

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Pour Koji Fukada, la famille s’oppose au fait que l’être humain porte en lui une solitude contre laquelle il ne peut pas lutter. Il nous décrit une famille déjà ébranlée qui s’effondre en imaginant la venue d’un intrus violent qui constitue le point de départ de la réflexion d’un couple sur l’état de sa relation. Mais le cinéaste se pose aussi la question de la définition même de la violence. Le metteur en scène a ainsi cherché à dépeindre la vie des hommes en s’approchant de la noirceur de leur cœur mais sans pour autant expliquer la psychologie des personnages… il laisse donc un bout de chemin à faire pour le spectateur… et c’est ce bout de chemin qui est le plus passionnant. Le scénario ne porte aucun jugement sur le couple et l’intrus qui s’insinue dans cette paisible vie de famille – en tout cas en apparences – au cœur du Japon d’aujourd’hui.

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L’interprétation est magistrale, en particulier, celle de Tadanobu Asano, impressionnant et inquiétant. Mais le couple Mariko Tsutsui/Kanji Furutachi n’a rien à lui envier. Ce film nous transporte au-delà du Bien et du Mal jusqu’aux tréfonds des âmes à travers un récit qui glace le sang par son analyse de la culpabilité et de la violence. Tout en lenteur et en non-dits, on assiste à un portrait du diable dans un huis-clos qui finit par donner le vertige. Du grand cinéma. Kôji Fukada, qui avoue être un fan de Rhomer, est décidément un cinéaste à suivre.

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