La Grande Muraille

Fort Alamo à la sauce chinoise

la-grande-m

L’immense cinéaste chinois Zhang Yimou est décidément un adepte du grand écart. Il y a deux ans, il nous avait proposé un véritable chef d’œuvre de l’intimisme avec un film à trois personnages, le splendide Coming Home. Cette fois, il fait dans le gigantisme et l’héroïc fantasy. On est en droit de ne pas aimer, moi, j’aime ça. Entre le courage et l’effroi, l’humanité et la monstruosité, il existe une frontière qui ne doit en aucun cas céder. William Garin, un mercenaire emprisonné dans les geôles de la Grande Muraille de Chine, découvre la fonction secrète de la plus colossale des merveilles du monde. L’édifice tremble sous les attaques incessantes de créatures monstrueuses, dont l’acharnement n’a d’égal que leur soif d’anéantir l’espèce humaine dans sa totalité. Il rejoint alors ses geôliers, une faction d’élite de l’armée chinoise, dans un ultime affrontement pour la survie de l’humanité. C’est en combattant cette force incommensurable qu’il trouvera sa véritable vocation : l’héroïsme.104 minutes d’un grand plaisir naïf purement cinématographique sans message politique, l’aventure pour l’aventure.

la-grande-mur

Le tournage a eu lieu dans la Province de Gansu qui était la porte de la route de la soie, la ville de Dunhuang aux portes du désert de Gobi, ou encore le gigantesque parc écologique de Danxia (510 kilomètres carrés !) connu pour ses roches spécifiques .Pour concevoir la fameuse Muraille, une réplique a été construite sur plus d’un kilomètre carré dans le village de Huangdao sur les bords de la Mer Jaune qui sépare la Chine de la Corée. 20 000 briques ont été nécessaires pour mener à bien cette gigantesque construction comprenant également une tour de 150 mètres. Dans un même temps, un écran vert de plus de 12 mètres de long, 2,5 de large et 3 de haut a été ajouté pour l’incrustation des effets spéciaux. On a compté également 700 décorateurs pour les scènes d’intérieur. On voit là, entre autres, à quoi ont servi les 135 millions de budget qui font de ce film la production la plus chère du cinéma chinois. Donc, ce blockbuster sino-américain nous en met plein la vue. C’est le Fort Alamo du fantastique à la mode chinoise, c’est-à-dire chorégraphié de bout en bout. Même si le scénario peut paraître simpliste, les images sont superbes, le rythme ébouriffant, l’humour a sa place et les acteurs sont excellents. Bref, du cinéma !

la-grande

Le casting répond aux attentes d’une coproduction entre Hollywood et la Chine. Matt Damon, est impeccable, mais c’est devenu très banal de le dire et de le répéter. A ses côtés, Pedro Pascal et William Dafoe font un des numéros savoureux.  Mais, pour moi, la véritable découverte reste la sublime Jing Tian qui crève l’écran de bout en bout. Un spectacle invraisemblable de démesure où certains se plaindront d’un scénario bâclé véhiculant une propagande post-maoïste, et de l’accumulation d’effets spéciaux… Sans doute, se posera-t-on la question de savoir ce que le réalisateur de Adieu ma concubine, Héros ou Le Sorgho rouge est allé faire dans cette galère ? Peu importe, vu le plaisir qu’il nous donne pendant ce film de pure divertissement. Zhang Yimou a bien le droit, lui aussi, de se distraire.   

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s