The Birth of a Nation

Quel dommage !

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Primé deux fois au festival de Sundance, (Prix du Public et Grand Prix du Jury) le biopic écrit, réalisé et joué par Nate Parker ne brille pas forcément par l’originalité et manque singulièrement de force pour un tel sujet. Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, qui connaît des difficultés financières, accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, et en avoir lui-même souffert avec son épouse, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté… Ces 120 minutes m’ont mis mal à l’aise, car, au-delà de leurs faibles qualités cinématographiques, elles font l’apologie d’un homme qui se sert des textes de la Bible pour entraîner des hommes dans la violence. Même si, en l’occurrence, son combat était juste, le film fait douloureusement écho aux événements qui ensanglantent notre monde d’aujourd’hui.

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Le film relate l’histoire de Nat Turner, esclave afro-américain né en 1800 et mort pendu en 1831. L’homme avait conduit une révolte sanglante et extrêmement violente en août 1831. Turner est décrit à l’époque comme un criminel sanguinaire. Il sera capturé dans son comté de Southampton en Virginie, jugé et condamné à mort. Son action révolutionnaire a malheureusement mené les autorités à voter des lois encore plus restrictives envers les esclaves. The Birth of a Nation a le même titre que le classique mis en scène en 1915 par D.W. Griffith, Naissance d’une nation. Nate Parker a tenu à utiliser le même titre afin de dénoncer la vision raciste du film de Griffith qui faisait notamment passer les membres du Ku Klux Klan pour des héros et les noirs pour des brutes sanguinaires. Le tournage (seulement 27 jours… et ça se voit) a eu lieu en Géorgie, où les vestiges du Vieux Sud ont permis aux acteurs et à l’équipe de remonter le temps et de s’imprégner de l’atmosphère de la période antérieure à la guerre de Sécession. La belle et discrète musique d’Henry Jackman offre un écrin à cette fresque qui sent le manque de moyens et qui est par trop démonstrative. La violence de certaines scènes, certes justifiée, me paraît empreinte de trop de complaisance. Dommage, car ce drame historique est d’utilité publique mais manque terriblement du souffle épique inhérent à ce genre de sujet.  

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Les acteurs sont à l’image du film, tièdes. Nate Parker, Armie Hammer, Mark Boone, Colman Domingo, Aunjanue Ellis, Dwight Henry, Penelope Ann Miller, Aja Naomi King, font bien leur boulot, mais sans plus et les scènes de foule et de combat sont d’une pauvreté visuelle assez affligeante. La comparaison avec le triplement oscarisé 12 Years a Slave de Steve McQueen ne tourne pas à l’avantage de Nate Parker. On regrettera le parti-pris scénaristique qui, à la fois, condamne la cruauté des esclavagistes tout en la filmant avec complaisance et en même temps cautionne a contrario la violence perpétrée au nom de Dieu. Un film nécessaire et… raté.

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