Le Fondateur

L’empire du cynisme

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Le biopic de John Lee Hancock me met très mal à l’aise. Car si la forme est épatante, le fond me gêne au plus haut point. Ces 115 minutes montrent avec un évident savoir-faire, comment un vendeur de milkshakes originaire de l’Illinois a rencontré les frères McDonald à San Bernardino et leur a proposé de franchiser leur restaurant. Nous sommes dans les années 50, Ray Kroc rencontre les frères McDonald qui tiennent un restaurant de burgers en Californie. Bluffé par leur concept, Ray leur propose donc de franchiser la marque et va s’en emparer pour bâtir l’empire que l’on connaît aujourd’hui. L’intérêt principal réside dans le fait que c’est la première fois qu’on s’intéresse à cette histoire 60 ans après les faits, le problème vient sans doute du fait que le scénario ne tranche pas entre l’admiration et la stigmatisation du dénommé Ray Crock.

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Ce voyage au cœur de l’American way of life m’a plus écœuré que transporté. Car on démontre comment un businessman arriviste et sans vergogne va piquer puis dévoyer un concept généreux et on doit se demander pourquoi personne n’avait eu l’idée de raconter cette histoire jusque-là. C’est une histoire emblématique de l’Amérique du capitalisme et de la réussite personnelle, avec tout ce que ça comporte de cynisme. Bon voilà pour le fond. Mais pour la forme j’applaudis à tout rompre, de la reconstitution des années 50, à la photo, la mise en scène et au montage en passant par l’interprétation, tout est ici parfait. Du brillant cinéma mis au service d’un personnage répugnant. Pour des raisons gastronomiques et diététiques j’étais déjà opposé à ce que d’autres ont appelé la « malbouffe », mais là, c’est devenu rédhibitoire et la maison Mcdo n’est pas là d’avoir ma clientèle.

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Michael Keaton, grand acteur s’il en est, est encore une fois prodigieux et parviendrait presque à nous faire admirer son personnage. Nick Offerman et John Carrol Lynch campent  les Frères McDonald avec une grande force. Laura Dern, Patrick Wilson, Linda Cardellini, complètent le haut de l’affiche de ce biopic dérangeant car le scénario n’a assurément pas assez pris de distance avec son antihéros lorsqu’il piétine allègrement l’œuvre des vrais créateurs. Sans tourner à l’hagiographie, la critique du capitalisme est mollassonne et se garde bien de porter un quelconque jugement sur ses intolérables dérives. Un McDo qui ne donne pas la frite !

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Une réponse à “Le Fondateur

  1. Je déteste déjà au plus haut point Mc Do alors je pense que ce serait du masochisme d’aller voir ce film. J’avais vu Super Size me à sa sortie. Cela me suffit.^^

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