3000 nuits

Etouffant

3000

Quand on est palestinienne et qu’on veut réaliser un film ce n’est de toute évidence pas tout simple. C’est ce qu’à dû vivre Mai Masri puisque, pour son drame carcéral, il lui a fallu trouver des financements en Palestine, en France, au Liban, en Jordanie, aux Émirats Arabes-Unis et au Qatar… ouf ! Mais croyez-moi, le jeu en valait la chandelle ! Années 80, à la veille des événements de Sabra et Chatila. La révolte gronde dans une prison israélienne, où sont détenues des prisonnières politiques palestiniennes. Layal, une jeune institutrice de Naplouse, vient d’arriver, condamnée à 8 ans de prison pour un attentat dans lequel elle n’est pas impliquée. Elle partage la cellule d’israéliennes condamnées pour droits communs et s’habitue progressivement à l’univers carcéral. Mais Layal découvre qu’elle est enceinte. Envers et contre tous, elle décide de garder l’enfant. Inspiré d’une histoire vraie, ce huis-clos étouffant tient en haleine de bout en bout et entrouvre les portes d’une prison pour femmes en Israël.  

3000nuits_pano-1024x356

La réalisatrice a mélangé une esthétique brute, quasi documentaire, avec des éléments plus poétiques. Le tournage s’est déroulé dans une véritable prison militaire désaffectée, dont l’armée jordanienne a autorisé le rafraîchissement pour les besoins du film. L’utilisation de la caméra à l’épaule, façon cinéma vérité, apporte un maximum de réalisme à ce drame poignant qu’on peut également regarder comme un film militant, donc, inévitablement partial, voire pour certains contestable. Mais reconnaissons à ces 103 minutes l’absence de manichéisme et un grand sens de la nuance. Ce n’est certes pas un chef d’œuvre, mais il faut saluer le courage et l’engagement de ce premier film qui vaut le détour, aussi douloureux soit-il, car ces femmes nous apprennent que, où que l’on soit, la vie continue.

SCRATCH

On retrouve au casting des actrices célèbres en Palestine et en Jordanie, ainsi que des actrices non professionnelles dont c’est le premier film. Presque toutes les comédiennes du film connaissent la prison, parce qu’elles ont été elles-mêmes détenues ou que des membres de leur famille y ont séjourné. Si Maisa Abd Elhadi, qui porte le film, est absolument remarquable, (on a hâte de la revoir en mars prochain dans Personal affairs, de Maha Haj,  présenté à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard) le reste de l’interprétation est assez inégale, allant du très bon à l’amateurisme le plus criant. Citons encore Nadira Omran, Raida Adon, Abir Haddad, Karim Saleh. N’oublions jamais que 700 000 Palestiniens sont passés par les geôles israéliennes, soit une personne sur trois et acceptons cette plongée asphyxiante dans l’univers carcéral en Israël.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s