Quelques minutes après minuit

Un conte noir et cruel

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Juan Antonio Bayona a déjà prouvé qu’il savait faire avec L’Orphelinat et The Impossible. Cette fois, il s’est surpassé et visuellement ces 108 minutes sont une splendeur. Pour le fond, j’y reviendrai plus tard. Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité… Décidément, la thématique des enfants qui ont un monstre géant comme meilleur ami est très cinématographique. Pour preuve, plusieurs longs métrages très récents qui l’abordent : Peter et Elliott le dragon, Le Bon Gros Géant ou encore Le Voyage d’Arlo. Mais, est-ce vraiment un film pour les enfants ? Certes non ! Car ici tout est noir, tragique et d’une très grande intensité émotionnelle. Un très beau film mais sûrement pas pour tout public.  

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Cette production est adaptée du roman éponyme de Patrick Ness, un romancier anglo-américain spécialisé dans la littérature pour enfants. Bayona y retrouve un de ses thèmes de prédilection, des personnages se retrouvent dans une situation anxiogène, avec le spectre de la mort qui se profile à l’horizon. A noter que la grande attraction du film, le monstre, n’est pas réalisée en images de synthèse mais qu’on a fabriqué une sorte de marionnette géante pour dialoguer avec le jeune héros. Un travail époustouflant de finesse et de précision. Cette fable philosophique et bouleversante se situe constamment au croisement des sensibilités et des souffrances. Le résultat est aussi beau qu’éprouvant mais que pouvait-on attendre d’autre d’un film qui s’interroge sur le rapport de l’enfance à la mort. Mais Bayona filme avec une telle conviction qu’il efface toutes les réserves qu’on pourrait apporter sur le fond de ce drame étonnant.

Conor (Lewis MacDougall) muss bei seiner Großmutter (Sigourney Weaver) einziehen

Côté casting aussi, on est gâtés avec le jeune Lewis MacDougall, une vraie découverte, qui impose une réelle présence face à Sigourney Weaver, qu’on retrouve toujours avec plaisir et l’excellente Felicity Jones, loin de l’univers de Star Wars. Et on félicitera aussi Liam Neeson dont la voix impressionnante donne vie à l’arbre-monstre fidèle et effrayant compagnon du jeune héros. Bien sûr, on ne peut que penser à Spielberg, un Spielberg pour plus grands, et regretter un petit manque de rythme qui fait s’étirer l’ensemble en longueur et n’évite ni le pathos ni le tire-larmes, un peu trop à mon goût personnel. Un beau film sur l’enfance qui ne s’adresse pas vraiment aux enfants. Reste l’originalité de l’ensemble qui vaut le détour.

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