American Pastoral

Mélo historico-familial

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Voilà près de 25 ans qu’Ewan McGregor fréquente les plateaux de cinéma en tant qu’acteur, mais c’est la première fois qu’il passe derrière la caméra. Il montre un réel savoir-faire mais, hélas, les 108 minutes paraissent bien longues à cause d’un scénario qui tire sur de vieilles ficelles jusqu’à la rupture d’attention du spectateur. L’Amérique des années 60. Autrefois champion de sport de son lycée, Seymour Levov, le Suédois, est devenu un riche homme d’affaires marié à Dawn, ancienne reine de beauté. Mais les bouleversements sociopolitiques de l’époque font bientôt irruption dans la vie bourgeoise, en apparence idyllique, de Seymour. Lorsque sa fille adorée, Merry, disparaît après avoir été accusée d’acte terroriste, il part à sa recherche pour que sa famille soit de nouveau unie. Profondément ébranlé par ce qu’il découvre, il doit affronter le chaos qui secoue la société américaine et jette les bases d’un nouveau monde. La vie de famille ne sera plus jamais la même… Un beau film, mais pas un bon film.

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Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Philip Roth, paru en France sous le titre Pastorale Américaine en 1997. Auréolé du Pulitzer de la Fiction, l’un des plus prestigieux prix américains, il fait partie des meilleurs romans de l’Histoire selon plusieurs classements littéraires. Et pourtant cette histoire d’un homme qui aime sa fille de manière inconditionnelle, envers et contre tout, a quelque chose qui ne fonctionne pas sur le grand écran. Pourtant l’opposition est là, entre un père, pur produit de l’Amérique de l’après-guerre qui incarne à merveille l’idée que le « Rêve américain » était autrefois accessible, sa fille qui représente les idéaux des années 60. La reconstitution est très soignée, décors, costumes, accessoires, photographie… je le répète, Ewan McGregor s’en sort très bien, mais le scénario veut à tout prix tirer les larmes du spectateur et ça se voit… je l’ai dit, les ficelles sont trop grosses et au bout d’un moment, on se lasse, on a même hâte que ça se termine. La musique sirupeuse et envahissante d’Alexandre Desplat, qui devient décidément coutumier du fait, achève le travail de sape. Dommage, car le casting est à la hauteur.

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Ewan McGregor, qui est partout à la fois, tient sa partie avec brio comme il sait le faire.  Jennifer Connelly est très belle et plausible de bout en bout. Mais, il faut surtout saluer la performance de Dakota Fanning, qui campe l’héroïne de 16 à 43 ans, un vrai tour de force. Ajoutons Rupert Evans et Valorie Curry dans les rôles importants. Le film veut aller au bout de l’émotion et nous noie sous un pathos larmoyant parfois insoutenable. Quand on sait que le projet d’adaptation de ce best-seller au cinéma était dans les cartons depuis de très nombreuses années, on comprend mieux pourquoi. On peut regretter que l’éclatement des idéaux américains soit réduit à un psychodrame familial corseté bien réalisé mais en fin de compte décevant.

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