Paterson

La poésie du quotidien

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Le nouveau Jim Jarmusch ! Voilà l’idée qu’elle est bonne d’aller passer 118 minutes magnifiques en compagnie du réalisateur de Broken Flowers ou de Only Lovers Left Alive. Vous me remercierez après. Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas… Une leçon de poésie et de cinéma, ou comment envoûter le spectateur avec des petits riens, des répétitions à n’en plus finir de gestes du quotidien, le tout transcendé par la caméra unique de Jarmush. Quelle merveille !

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Voilà 20 ans qu’il mûrissait ce projet. Il n’est donc jamais trop tard pour très bien faire. Paterson est une véritable ville de l’état du New Jersey aux États-Unis, la troisième en terme de population avec près de 150 000 habitants. Il s’agit d’une ville plutôt pauvre et qui jouit d’une mauvaise réputation dans le pays, ce qui n’est pas sans rappeler le choix de la ville délabrée de Détroit pour le précédent film de Jarmusch, Only Lovers Left Alive. Le scénario est plus que minimaliste et il n’arrive somme toute que peu de choses aux personnages eux aussi très banals. Alors d’où vient le charme indéfinissable de ces presque deux heures, à quoi tient la magie d’un film où l’immobilisme est poussé au niveau du chef de l’œuvre d’art ? La virtuosité de la caméra, la musique signée Jarmush himself, la tendresse, la délicatesse et ce je ne sais quoi d’immatériel des deux personnages principaux qui traversent leur vie au rythme d’haïkus qui pourraient n’être qu’insignifiants s’ils ne semblaient être la clé du bonheur. N’attendez rien de ce film, laissez le s’ouvrir à vous… c’est un pur miracle !

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Bien sûr Adam Driver et Golshifteh Farahani sont magnifiques tous les deux et parviennent à nous faire partager le monde si particulier, si insolite du réalisateur. Avec eux on peut aussi citer Rizwan Manji et Trevor Parham, qui, comme tous les autres, sont impeccables et semblent parler le «Jarmush » dans le texte. Un des grands films de Cannes qui est reparti bredouille de manière incompréhensible. L’humanité et la générosité ne semblent pas en odeur de sainteté  sur la Croisette, pas plus que la poésie des gens heureux. De l’art de faire un grand film sur un tout petit sujet.

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Une réponse à “Paterson

  1. Une merveille de simplicité , de la grandeur dans les petits riens du quotidien , de la poésie et de la tendresse
    Pour en sortir réjoui et sur un petit nuage , courrez-y !……

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