Cigarettes et chocolat chaud

Eloge de la marginalité

cigarettes

Encore un premier film. Il est signé Sophie Reine, qui a déjà près de 20 ans de carrière comme monteuse ou chef-monteuse derrière elle, mais cette fois elle enfile la double casquette de réalisatrice et de scénariste. Résultat : 98 minutes délicieuses voire beaucoup plus si affinités. Denis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janis 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang… Et donc, il y a affinités… J’ai purement et simplement adoré cette comédie bourrée de tendresse et d’humour. La voilà – enfin ! – la comédie française de 2016.

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Couleurs chaudes, photo très lumineuse, tout est réuni pour baigner la famille dans l’ambiance la plus chaleureuse possible. Pourtant, chez les Patar, on porte des chaussettes dépareillées, on va au boulot avec des fringues multicolores parce que les tutus fuchsia des unes ont déteint sur les pantalons crème des autres, on mange des chips au petit-déj… bien loin des 5 fruits et légumes par jour et du régime sans gluten ! Etc. Etc. Mais, même si le quotidien est plus que dure, c’est le bonheur. Et à ce bonheur là que la sacro-sainte administration veut arracher le père et ses deux filles. Ce qui aurait pu être un drame plombant reste un spectacle euphorisant comme on en voit peu. Les films qui nous parlent d’éducation et de ses difficultés, se bousculent en ce moment sur nos écrans ; après Captain’ Fantastic, Demain tout commence, Le petit Locataire, Maman a tort, voici les aventures de la famille Patar. Incontournable.

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Quelle joie de retrouver l’irrésistible Gustave Kervern dans un vrai grand rôle de « nounours dépressif » qui lui va si bien ! Camille Cottin, sans artifice, lui donne une excellente réplique. Mais la vraie découverte nous vient du côté des fillettes. Pour les trouver, la directrice de casting-enfants a sillonné les sorties d’écoles, cours de théâtre, et agences d’acteurs pendant plus de huit mois. Excellente pioche avec Héloïse Dugas et Fanny Zanini, elles sont plausibles et parfaites. Un film rafraîchissant qui fait chaud au cœur ( ?!?) duquel il n’y a rien à retirer, car même dans le registre décalé et saugrenu, ni le scénario ni le casting n’en fait jamais trop. Juste ce qu’il faut !

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