Baccalauréat

Jusqu’où peut-on aller pour ses enfants ?

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Une fois encore, mais peut être encore plus particulièrement cette année, les films primés à Cannes, toutes catégories confondues, font partie du haut du panier du 7ème Art. Après l’admirable Ken Loach, Xavier Dolan, Ashgar Farhadi, voici le roumain Cristian Mungiu et ce merveilleux drame qui a reçu le Prix de la mise en scène ex-aequo avec Olivier Assayas (dont je parlerai dans quelques jours). Romeo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, a tout mis en œuvre pour que sa fille, Eliza, soit acceptée dans une université anglaise. Il ne reste plus à la jeune fille, très bonne élève, qu’une formalité qui ne devrait pas poser de problème : obtenir son baccalauréat. Mais Eliza se fait agresser et le précieux Sésame semble brutalement hors de portée. Avec lui, c’est toute la vie de Romeo qui est remise en question quand il oublie alors tous les principes qu’il a inculqués à sa fille, entre compromis et compromission… 108 minutes de cinéma sobres et naturelles comme la corruption en Roumanie. Une plongée prenante dans la classe moyenne du pays de Ceausescu qui a bien du mal à se débarrasser de ses vieilles habitudes. Un grand film qui n’a rien d’une épreuve.

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Mungiu qui a réalisé mais aussi écrit et coproduit (avec les Frères Dardenne… tiens, tiens) résume ainsi son film : une histoire sur les compromis et les principes, sur les décisions et les choix, sur l’individualisme et la solidarité mais aussi sur l’éducation, la famille et sur le vieillissement. C’est vous dire si ça brasse large, mais sans avoir l’air d’y toucher, tous ces sujets sont traités avec sensibilité et intelligence. Le scénario accorde une place importante à la réalité, mais son histoire reste subjective et limitée au point de vue du personnage principal que l’on suit pas à pas dans sa lente destruction par l’engrenage qu’il a lui même mis en branle. Ce qui importe ici c’est la vérité du moment. Comme dans ses films précédents, le réalisateur roumain poursuit sa réflexion autour du malaise existentiel que vit son pays depuis l’écroulement du communisme en 1989, toujours portée par une mise en scène envoûtante. Du cinéma éblouissant porté par un casting qui ne l’est pas moins.

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Avec en haut de l’affiche l’extraordinaire Adrian Titieni, dont la relation avec sa fille campée avec force par Maria Drăguș, reste le sujet principal de ce drame du quotidien. Ils sont entourés avec bonheur par Lia Bugnar, Malina Manovici, Vlad Ivanov, Gelu Colceag, Rares Andrici. Un pur chef d’œuvre minimaliste et bouleversant de simplicité. Un conte moral venu d’un pays où, de toute évidence, la moralité n’est pas une vertu première. L’éducation et le bonheur des siens peuvent-ils s’accommoder des petits arrangements avec la vie ? A vous de répondre à cette interrogation, après, bien sûr, avoir vu cet incontournable de l’année 2017.

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Une réponse à “Baccalauréat

  1. Quelle audace de nous laisser ainsi sans réponses !…tout est suspendu car seuls ont une valeur, les principes de vie, la morale, la vraie vie avec ses joies et ses peines. Un tissu de grands et petits riens… Un grand film tout en finesse et intelligence de situations et de cœurs.

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