A jamais

LE ratage

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Je n’aime pas critiquer un film de Benoît Jacquot car en général j’aime son cinéma. Depuis le très dérangeant Au fond des bois jusqu’au Journal d’une femme de chambre en passant par, Les Adieux à la Reine ou Rois cœurs, il n’y a que du très bon. Aussi, j’allais très confiant voir ces nouvelles 90 minutes de mélo à la limite du fantastique. Laura et Rey vivent dans une maison au bord de la mer. Il est cinéaste, elle crée des « performances » dont elle est l’actrice.  Rey meurt — accident, suicide ? —, la laissant seule dans cette maison. Mais bientôt, seule, elle ne l’est plus. Quelqu’un est là, c’est Rey, par et pour elle, comme un rêve plus long que la nuit, pour qu’elle survive. Quelle déception ! Et même bien au-delà, j’ai détesté ce film comme rarement au point que seule une certaine idée de la fonction de chroniqueur m’a empêché de quitter la salle avant le mot.

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Il s’agit d’une adaptation du roman de Don Delillo, The Body Artist. Le tournage a eu lieu au Portugal et a été très rapide. Il faut d’emblée féliciter la splendide photographie de Julien Hirsch… Et j’en resterai là pour les compliments. Même la musique de Bruno Coulais m’a agacé. Non, il y a deux énormes problèmes dans ce monument de prétention, d’abord le scénario qui ne tient pas debout un seul instant : présence de l’invisible, faire rimer fantôme et fantasme, comment faire son deuil, mysticisme aggravé, lenteur et répétitions… bref un ennui très chic et très mondain, mais surtout ennui… et le mot est faible. Le tout conceptuel tue même le plaisir esthétique et l’absurde du scénario noie le peu d’inspiration qu’on aurait pu trouver avec beaucoup d’indulgence. L’autre handicap insurmontable, c’est l’interprétation… 

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Le pauvre Mathieu Amalric réduit à un rôle d’âme errante, est comme nous, il n’y comprend rien. Mais l’écueil, c’est Julia Roy, également scénariste, (elle a tous les défauts) qui est une piètre comédienne. A force d’être diaphane elle est transparente. Les pauvres Jeanne Balibar et Victoria Guerra ne font que passer… tant mieux pour elles. Tout ce film est aussi vide que la maison dans laquelle ce huis clos a été réalisé. Vous pouvez éviter, il y a tellement mieux sur nos grands écrans en ce moment. D’ailleurs après deux semaines d’exploitation, ce navet de luxe a été retiré de quasiment toutes les salles. CQFD !

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Une réponse à “A jamais

  1. Aie aie aie, dommage… Très belle chronique en tout cas, comme d’habitude !

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