Ma’ Rosa

Chef de clan

ma

Un film philippin sur nos écrans ! Une rareté qu’on ne peut, à priori, pas manquer. Qui plus est, ce film a été couronné par le prix d’interprétation féminine à Cannes ! On redouble de curiosité. C’est Brillante Mendoza qui est aux commandes de ces 110 minutes de réquisitoire contre le trafic de drogue et la corruption qui gangrènent son pays. Ma’Rosa a quatre enfants. Elle tient une petite épicerie dans un quartier pauvre de Manille où tout le monde la connaît et l’apprécie. Pour joindre les deux bouts, elle et son mari Nestor y revendent illégalement des narcotiques. Un jour ils sont arrêtés. Face à des policiers corrompus, les enfants de Rosa feront tout pour racheter la liberté de leurs parents. Implacable et poignant, un film hors du commun.

ma-rosa

L’intrigue est née d’une histoire vraie que quelqu’un avait racontée à Brillante Mendoza à propos de ce que sa famille avait vécu en 2012. En l’écoutant, le metteur en scène a été touché par ce récit qui met en lumière deux problèmes très répandus aux Philippines, la drogue et la corruption. L’action se déroule sur quelques heures ce qui ajoute à la vérité de la situation. Pour mieux comprendre ce film, il faut savoir que, aux Philippines, si vous arrêtez un trafiquant de drogue en semaine, il va directement en prison. Si vous l’arrêtez un vendredi soir, comme les tribunaux sont fermés le week-end, il reste en garde à vue jusqu’au lundi, au commissariat. La police a donc tout intérêt à faire des rafles en fin de semaine : cela lui laisse 48 heures pour négocier et éventuellement remettre les trafiquants en liberté contre de l’argent. C’est exactement ce que raconte le film. En conséquence, la limite entre fiction et documentaire est volontairement brouillée. La caméra à l’épaule ajoute à l’aspect reportage qui nous plonge jusqu’à l’asphyxie au cœur d’un des quartiers pauvres de Manille… C’est passionnant et révoltant à la fois.

ma-rosa-2

Jaclyn Jose a reçu le Prix d’Interprétation au Festival de Cannes. On sait que les choix du jury sont forcément subjectifs… les miens aussi. Donc, même si je reconnais la qualité de sa prestation, elle est loin de porter le film. J’aurais, et je l’ai déjà écrit, de loin préféré la formidable prestation de Sonia Braga dans le film brésilien Aquarius. Tous les autres sont également remarquables avec Julio Diaz, Andi Eigenmann, Felix Roco, Kristofer King, Mercedes Cabral etc… Le portrait de femme passe à l’arrière-plan submergé par le réalisme impitoyable, l’urgence cruelle et la violence du propos. On sort de là, épuisé, révolté et marqué au point d’y repenser encore longtemps.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s