Les Enfants de la chance

Où la petite histoire devient grande

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La Rafle de Rose Bosch, en 2010, traitait de la tristement célèbre Rafle du Vél d’Hiv de juillet 1942. Malik Chibane le fait à son tour mais par le petit bout de la lorgnette, la grande Histoire ne servant ici que de toile de fond à un huis clos touchant et original. Juillet 1942. Emmené à l’hôpital de Garches pour une jambe cassée, Maurice Gutman, 12 ans, évite de justesse la rafle qui va emporter sa famille. À l’hôpital, le docteur Daviel lui diagnostique une tuberculose et lui impose un long traitement. Et si cela n’était qu’une ruse pour éviter à Maurice d’être déporté ? Maurice et huit autres jeunes pensionnaires vont vivre, avec le personnel hospitalier, une expérience inoubliable, faite de preuves d’amitié, de solidarité et de courage extraordinaire. Ce sont les enfants de la chance et leur histoire est vraie. 95 minutes pour nous raconter une histoire vraie, avec certes des maladresses, mais aussi de réelles qualités et surtout beaucoup d’émotion.

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Sur fond de tragédie historique et humaine, le film nous raconte l’incroyable aventure vraie de Maurice Grosman, dont la vie a été sauvée à plusieurs reprises grâce à une succession de destins heureux. Une fracture pour éviter la rafle, la fracture pour découvrir sa tuberculose osseuse, un faux plâtre pour le protéger d’une nouvelle rafle, une pénicilline frelatée pour soigner sa tuberculose. On parle de chance, de bonne étoile, d’ange gardien, on l’exprime avec ces mots car parfois on est sidéré devant ces concours de circonstances dû à un simple hasard ou une chance inattendue. Ces événements constituent la grande histoire de la vie du petit Maurice, nous dit le réalisateur. Il a été concerné à plusieurs titres dans cette histoire étonnante. Maurice, le jeune héros vivait dans le quartier de sa propre enfance et comme lui, fils d’immigrés, il parlait deux langues, celle de l’intérieur et celle de l’extérieur, sa langue maternelle n’était pas le français mais le yiddish, il naviguait entre ces deux langues qui véhiculent deux modes de pensée, deux mondes dont il est naturellement l’intermédiaire. La mise en scène ne révolutionnera pas l’histoire du 7ème Art, le tout est empreint de pas mal de naïveté (et on regrette que les enfants n’évoluent pas physiquement alors que l’intrigue court sur deux ans) et le jeu des jeunes acteurs n’est pas toujours au top. Mais qu’importe, l’émotion est là et on se laisse prendre par cette histoire singulière et on salue le courage de certains héros obscurs de cette guerre contre le Mal absolu, ces héros du quotidien qui mériteraient également le titre de « Justes ».  

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On découvre le jeune Matteo Perez très convaincant dans le rôle principal. Du côté des autres enfants, l’interprétation est un peu irrégulière, mais la fraternité qui émane de ce groupe est tellement touchante qu’on oublie ces menus inconvénients. Côté adulte, c’est excellent avec le toujours parfait Philippe Torreton, Pauline Cheviller et Antoine Gouy. A noter une très belle B.O. illustrée par des chansons de dortoir très rafraîchissantes. Sans ostentation ni pathos, ce film permet de réfléchir avec intelligence sur la culture du bouc-émissaire plus que jamais d’actualité.

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