Planétarium

Le fantôme d’un film

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Rebecca Zlotowski, à 36 ans, nous a déjà gratifié de deux films mieux qu’intéressants : Belle épine où, en 2010, on a découvert deux grands talents naissants, Léa Seydoux et Anaïs Démoustier, et son remarquable Grand Central en 2013. Cette fois, elle s’est  inspirée de l’histoire vraie des sœurs Fox, trois sœurs spirites américaines qui ont inventé le spiritualisme à la fin du 19ème, l’ancêtre du spiritisme. Paris, fin des années 30. Kate et Laura Barlow, deux jeunes mediums américaines, finissent leur tournée mondiale. Fasciné par leur don, un célèbre producteur de cinéma, André Korben, les engage pour tourner dans un film follement ambitieux. Prise dans le tourbillon du cinéma, des expérimentations et des sentiments, cette nouvelle famille ne voit pas ce que l’Europe s’apprête à vivre. Esthétique parfaite, poésie, lyrisme et romanesque sont au rendez-vous. Alors d’où provient la légère déception devant ce film que j’attendais beaucoup ? Sûrement de certaines outrances et du fait que les ambitions affichées ne me semblent pas atteintes, loin de là, car enfouies dans un scénario trop confus, voire parfois abscons. Dommage !

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Ici, la réalisatrice/scénariste adapte un des épisodes de la véritable histoire des sœurs Fox, l’embauche, une année, par un riche banquier, de l’une des sœurs pour incarner l’esprit de sa femme défunte. Les faits sont transposer dans les années 30 afin d’ajouter une facette historique avec la montée du nazisme en Europe. Elle s’est également inspirée de la figure du producteur Bernard Natan, riche producteur d’origine roumaine, naturalisé Français, croix de guerre, parti de rien qui avait racheté Pathé Cinéma en 1929, avant d’être la victime d’une campagne antisémite le démettant de ses fonctions, puis de le destituer de sa nationalité française, et enfin d’être remis par les autorités françaises à Auschwitz via Drancy. Une sorte d’affaire Dreyfus du cinéma. C’est lui qui a créé les studios de la rue Francoeur, actuel emplacement de la Fémis, et qui a importé le cinéma sonore en France. L’intrigue est étrange mais souvent trop elliptique et l’ennui gagne parfois malgré des qualités techniques indéniables comme la superbe photo de Georges Lechaptois, les décors et les costumes, la musique de Rob et un magnifique casting. Bref un beau film qui largue le spectateur vite fait bien fait et oublie d’aller au bout des multiples pistes juste esquissées avant d’être abandonnées. Un labyrinthe !

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Natalie Portman et Lily-Rose Depp, très belles toutes les deux, forment un duo de frangines auquel on a du mal à croire. Cela n’enlève rien à leurs performances, mais j’avoue avoir été gênée par le manque de vraisemblance de cette sororité. Par contre, Emmanuel Salinger, qui tourne pourtant depuis plus de 20 ans, trouve enfin un rôle à la hauteur de son talent. Louis Garrel, Amira Casar, Pierre Salvadori, font des apparitions remarquées. Hélas, encore une fois, le fond n’égale pas la forme et on ne peut que le regretter, on était tellement prêt à aimer ce film. 108 minutes exigeantes que je n’étais peut être pas en état de recevoir.  

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