Mademoiselle

Portraits de femmes

mademoiselle

Le coréen Park Chan-Wook est un immense réalisateur. Son dernier thriller de 2012, Stoker, en témoigne. Et de nouveau, il nous enchante avec ces 145 minutes de très haute volée. Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko… C’est à la fois un thriller, une histoire d’arnaqueurs, un drame ponctué de rebondissements surprenants et plus que tout, une histoire d’amour… C’est vous dire si le propos est ambitieux et, pourtant, c’est une parfaite réussite.

mademoiselle_5594667

Il s’agit donc de l’adaptation du roman Du bout des doigts (Fingersmith) écrit par la Britannique Sarah Waters et paru en 2002. Performance virtuose de la mise en scène : photographie superbe, costumes, décors, accessoires frôlant la perfection, musique au diapason (évidemment) et une formidable interprétation. Le scénario n’est pas en reste ; en se basant sur une double vision de la même histoire, Park Chan-Wook nous livre une fable érotique, torride, perverse où l’humour tient sa part. Mais comme je l’ai dit plus haut, c’est d’abord une somptueuse histoire d’amour entre deux femmes, dans un écrin luxueux qui nous laisse ivre de cinéma. Entre porno chic et estampe japonaise, ce film transforme le spectateur en voyeur envoûté par tant de beauté.

mademoiselle-1

Le choix des comédiennes qui campent les héroïnes, Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri, résulte d’un casting de 1500 candidates ! Les deux actrices sont, non seulement d’une très grande beauté, elles sont les objets raffinés de tous les désirs et de tous les fantasmes d’un conte raffiné, gothique, féministe et sulfureux. Jung-Wu Ha, lui aussi parfait, et Jing-Woong Cho complètent le haut de l’affiche. Thriller saphique incontournable pour les amateurs de grand cinéma. Une histoire d’imposture et de manipulation où le spectateur est le premier à tomber dans les pièges tendus par un scénario diabolique… avec délice.  

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s