Maman a tort

Stage iniatique

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C’est le 5ème long-métrage de Marc Fitoussi dont j’avais apprécié La Ritournelle et surtout Copacabana. Il revient avec cette comédie dramatique douce amère sur l’adolescence face au monde du travail. 110 minutes qui se laissent regarder avec plaisir grâce à plusieurs atouts non négligeables. Connaît-on vraiment ses parents? Anouk, 14 ans, découvre brutalement un autre visage de sa mère, à la faveur de l’incontournable stage d’observation de troisième qu’elle effectue dans la compagnie d’assurances où celle-ci travaille. Une semaine d’immersion dans le monde adulte de l’entreprise, avec ses petits arrangements et ses grandes lâchetés, qui bientôt scelle son jeune destin. Entre parcours initiatique, fêlure et premières responsabilités assumées, une forme d’adieu à l’enfance. Scénario original et excellente interprétation pour un film tout à fait honorable – au vrai sens du terme -.

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Le film aborde le thème du harcèlement au travail à travers le choc que vit une adolescente de 14 ans qui découvre le monde des adultes. Mais les relations mère/fille, chères à Fitoussi, ont aussi une place importante dans ce scénario. Comme d’habitude, le réalisateur traite de suets graves en les saupoudrant de pincées de comédie. Il fait ici le constat, assez désenchanté, d’un échec, sans offrir de rédemption et en se refusant au happy end. Car après un début tranquille, il s’assombrit pour aller jusqu’au bout de ses intentions, sans concession. Il a voulu montrer le vide et l’insignifiance de cette vie de bureau, avec ces conversations et ces rituels soi-disant fédérateurs, le quotidien de gens banals de la classe moyenne le plus souvent invisible, même au cinéma. Dans cet univers tout est gris et pourtant Fitoussi a opté pour des décors très colorés : Cette colorisation me permettait aussi de traduire l’illusion prétendument conviviale de ce décor, façade d’enjeux en réalité plus obscurs cachés dans des placards d’archives accessibles par des codes. À ce titre, le nom même de la compagnie, Serenita, relève de la pure provocation. Dans ce petit film, tout est beaucoup plus pensé qu’il n’y paraît de prime abord. Oui un petit film mais plein d’ambition et servi par deux actrices épatantes.

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Jeanne Jestin a 13 ans (au moment du tournage) et un formidable avenir devant elle. Quelle présence, quel regard, quelle justesse… c’est une véritable découverte qu’il faut suivre avec grande attention. Elle porte tout le film avec une magnifique Emilie Dequenne, sobre et juste jusque dans le pathétique, bien loin de ses rôles glamour habituels. Tous les autres, Sabrina Ouazani, Grégoire Ludig, Nelly Antignac, Camille Chamoux, Annie Grégorio, Jean-François Cayret, sont au diapason de ce très joli petit film qui n’a d’autres ambitions que de nous montrer avec originalité les affres de l’adolescence à travers un parcours initiatique dans le monde de l’entreprise cruel et cynique. Intelligent et subtil, entre gravité et drôlerie pour un constat social amer.

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Une réponse à “Maman a tort

  1. Tiens, le thème est intéressant, et comme j’aime beaucoup Emilie Dequenne, cela me donne envie de me laisser tenter. En plus la jeune actrice mérite la découverte… parfait ! 🙂

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