Swagger

Ils ont du style

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Qu’ils s’appellent Aïssatou, Mariyama, Abou, Nazario, Naïla, Aaron, Paul ou Régis, ils nous prouvent pendant 84 minutes que même en habitant Sevran ou Aulnay-sous-Bois, on peut faire partager ses rêves et sa vision du monde… et c’est tout simplement passionnant. Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au cœur des cités les plus défavorisées de France. Le film nous montre le monde à travers leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu’à la comédie musicale et la science-fiction, Swagger donne vie aux propos et aux fantasmes de ces enfants d’Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l’ambition. Et ça, personne ne leur enlèvera.  Un de ces moments de cinéma qu’on n’oublie pas de sitôt. A voir et à revoir. Ne ratez pas ce « documentaire de banlieue » pas comme les autres.

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C’est après avoir présenté son court-métrage, C’est plutôt genre Johnny Walker, dans un collège de Seine-Saint-Denis, qu’ Olivier Babinet  a rencontré la professeur de français Sarah Logereau qui lui a proposé d’animer un atelier avec une classe de 4ème. J’ai travaillé avec ces élèves sur le fantastique au quotidien, je leur demandais de raconter leur trajet le matin puis des rêves et des cauchemars. Nous avons mélangé le tout pour faire une série de petits films. De fil en aiguille, l’année suivante, on m’a proposé de séjourner au collège un jour par semaine (…) Le jour de mon arrivée, détourné les sonneries du collège, les remplaçant par des morceaux de musique de Bernard Herrmann, Cypress Hill, Tyler The Creator, des sons de Game Boy, Michel Legrand… Passé l’effet de surprise, les élèves se sont mis à danser dans les classes, dans les couloirs, dans la cour. Cela a rendu la rentrée légèrement surréaliste et permis à l’ensemble des élèves du collège de m’identifier. (…) Au cours de cette année, j’ai tissé des liens avec les enfants et les enseignants, la concierge, les surveillants… (…) A l’issue de ces deux années à Aulnay, j’ai souhaité mettre en images le quotidien de ce lieu à travers un clip dans lequel j’ai proposé à tous les «habitants» du collège de participer. Le résultat était tellement fort que j’ai eu envie d’aller plus loin en faisant un film sur eux, et surtout avec eux parce que trop de films sur la banlieue portent un regard condescendant. Le réalisateur n’a pas prévenu les enfants et les adolescents des questions qu’il allait leur poser, en procédant ainsi, il a cherché à recueillir leur parole brute sans aucun artifice. Les jeunes ont joué le jeu et c’est à ce prix qu’on a une suite de témoignages tour à tour touchants, drôles ou poétiques. Un montage virtuose fait le reste, c’est-à dire un moment rare, un documentaire hors du commun, une parfaite réussite dans le genre. Les onze enfants que l’on voit à l’écran sont allés à Cannes, ils ont monté les marches du Palis des Festival sous les flashes d’une presse aussi surprise que subjuguée et ils ont ramené de cette expérience un souvenir impérissable. Depuis le tournage, ils ont gardé des liens au sein de ce qu’ils ont appelé la Swagger’s family. Que seront-ils devenus dans quelques années ? Olivier Babinet nous le racontera peut-être dans un Swagger 2.

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