Mal de pierres

Emporté jusqu’au fantasme

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Nicole Garcia réussit ici le meilleur – et de loin – de ses 8 films. 116 minutes aussi tendues que solaires. Une pure merveille ! Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme respectable. Gabrielle dit ne pas l’aimer, se voit enterrée vivante. Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage, fait renaître en elle cette urgence d’aimer. Ils fuiront ensemble, elle se le jure, et il semble répondre à son désir. Cette fois on ne lui prendra pas ce qu’elle nomme « la chose principale ». Gabrielle veut aller au bout de son rêve. Un portrait de femme comme on en voit peu, l’autopsie d’une passion comme on aimerait en voir plus souvent.

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Tiré du roman éponyme de Milena Agus  paru en 2006, le film a été présenté en Compétition officielle lors du Festival de Cannes 2016 où il a fait sensation. Tourné en Savoie, autour d’Aix-les-Bains et de sa station thermale, ainsi que dans les Alpes de Haute-Provence, ce drame est une splendeur esthétique. Chaque image, chaque plan, chaque scène est remarquablement travaillée, Rien n’a été laissé au hasard des accessoires aux costumes, des décors aux ambiances, tout nous ramène dans les années 50. Voilà pour la forme, mais que dire du fond, sinon que le scénario frise la perfection, avec ce gros plan sur une lumineuse et incandescente héroïne digne de Flaubert, qui touche droit au cœur. Quelle est la part de réalité, de folie ou de fantasme dans ce personnage ? La question plane sans cesse sur ces deux heures de grand cinéma. Un film exceptionnel porté par un trio d’acteurs en état de grâce.

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Tout en haut de l’affiche, une Marion Cotillard, tout à la fois vibrante, sensuelle, animale, tremblante, poétique, dans ce qui est, sans nul doute, son meilleur rôle à ce jour. Louis Garrel, lui donne une réplique raffinée entre dandysme et fragilité. Mais la grande révélation, c’est le charismatique comédien espagnol Alex Brendemühl, encore méconnu en France mais qui ne devrait pas le rester longtemps. Notons encore les apparitions toujours justes et sobres de Brigitte Rouan. Il ne faudra surtout pas résumer ce bijou, à un récit d’un amour contrarié. L’ambition est tout autre. Il s’agit de nous faire pénétrer dans une âme tourmentée aux confins de la folie… de l’amour fou. Mélodrame romanesque bouleversant et dont l’épilogue en surprendra plus d’un. Incontournable !

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Une réponse à “Mal de pierres

  1. Entièrement d’accord, film superbe!

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