Ma vie de courgette

Délicieux

courgette

Le film d’animation français se porte bien et même très bien. Il résiste avec toute son originalité au rouleau-compresseur américain des Disney, Pixar et Cie. Ces 66 minutes réalisées par Claude Barras – dont c’est le premier film – et son équipe en sont un témoignage vivant. Et les prix du Public et Cristal du long métrage au festival du film d’animation d’Annecy, du  Public au Festival de San Sebastian, ainsi que le 1er Prix du festival d’Angoulême sont amplement mérités. Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux. Pour être honnête cette petite perle est franco-suisse. Merveilleux hymne à la joie de vivre et à l’espoir filmé avec tendresse à la hauteur des enfants. De quoi faire aimer les légumes verts aux petits… et aux grands.  

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Il s’agit donc de l’adaptation du roman Autobiographie d’une Courgette de Gilles Paris, pour lequel le réalisateur Claude Barras a eu un véritable coup de foudre.  Le ton et l’histoire m’ont replongé dans mon enfance et rappelé mes premiers émois de spectateur… Ici c’est principalement la question de la maltraitance qui est au centre du scénario. Mais on nous parle aussi des solutions qu’on peut trouver aujourd’hui. L’idée géniale qui soutient tout ce moment de grâce et de beauté c’est d’avoir renversé l’idée reçue qui fait d’un foyer pour orphelins un lieu d’enfermement et de l’extérieur celui de la liberté : la maltraitance est subie dans le monde extérieur et le foyer est le lieu de l’apaisement et de la réparation. C’est ce qui rend ce récit classique et moderne à la fois. Ce film démontre une grande connaissance du monde de l’enfance et on ne s’en étonne plus quand on lit au générique le nom de Céline Sciamma (Tom Boy, Naissance des Pieuvres, Bande de filles) qui réussit un traitement très délicat des personnages, évoquant subtilement les noirceurs du passé pour mieux les chasser à la lumière des amitiés naissantes dans le présent. Techniquement, pas du traditionnel champ/contre-champ, mais des plans séquences qui donnent un rythme très particulier. Les personnages sont stylisés, le réalisateur suivant le précepte d’Hergé : plus le style graphique d’un visage est simplifié, plus le spectateur peut y projeter ses émotions et s’identifier avec lui. Il s’agit ici de marionnettes en silicone et mousse de latex, filmées en stop motion (image par image), le tournage a duré 8 mois à raison de 3 secondes par jour et par animateur, en travaillant sur 15 plateaux simultanément. Entre tournage, montage, doublage et fabrication des marionnettes, des costumes et des décors…(150 artisans) il aura fallu plus de deux ans de travail… croyez-moi, le jeu en valait la chandelle. Un chef d’œuvre !

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