Apnée

Le sens de la vie

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Ce n’est pas un hasard si, dans mon sous-titre, je fais référence au film de 1983 des géniaux Monty Pythons. Cette pochade signé Jean-Christophe Meurisse est tout à fait dans la lignée absurde, subversive et iconoclaste du prestigieux quatuor britannique. Céline, Thomas et Maxence marchent toujours par trois. Comme la trilogie de la devise républicaine. Ils veulent se marier, une maison, un travail, des enfants sages et manger tous les jours des huîtres. Insoumis et inadaptés à une furieuse réalité économique et administrative, ils chevauchent leurs quads de feu et traversent une France accablée, en quête de nouveaux repères, de déserts jonchés de bipèdes et d’instants de bonheur éphémère. Oui, 90 minutes délicieusement subversives pour un cinéma comme on n’en fait plus, hélas, car ça fait un bien fou de rire des choses graves. Un jeu de massacre superbement orchestré !

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C’est un premier film et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est très… personnel. Jusque là, J.C. Meurisse était metteur en scène de théâtre avec sa troupe les Chiens de Navarre. Le scénario du film est construit avec une trame, des situations, des tableaux, des décors… en d’autres termes, il s’agit d’un film à sketches, avec le défaut inhérent au genre, l’irrégularité du niveau des différentes séquences. Cela posé, les 600 spectateurs présents à l’avant-première parisienne ont beaucoup ri… jaune parfois, car tout y passe, tous les fondements de notre société sont passés au crible, le mariage, la famille, la religion, la police, la banque, le marché de l’emploi… j’en oublie, sont joyeusement ridiculisés. C’est foutraque, pas toujours très bien réalisé et monté, mais ça reste intelligent et naïf à la fois, et baigné d’un ton libertaire vivifiant.  L’air du temps est irrespirable, alors plongeons en apnée dans ce film rare et d’une énergie folle.

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Le trio vedette, le « trouple » comme l’appelle le réalisateur, est formé de trois inconnus au cinéma, Céline Fuhrer, Thomas Scimeca et Maxence Tual, qui sont épatants et qui osent tout. Les dialogues sont ciselés, le jeu des comédiens volontairement outrés, les situations improbables… le ton totalement surréaliste et burlesque et je ne saurais oublier l’ébouriffant duo d’invités formé par Claire Nadeau et Olivier Saladin qui n’ont eu aucun mal à trouver leur place dans ce road-movie enragé. Jusque là, dans le panorama du cinéma français actuel, je ne peux comparer Meurisse qu’à Antonin Peretjatko et à ses deux comédies, La Fille du 14 Juillet et La loi de la jungle. Je pense qu’un Luis Buñuel n’aurait pas renié ce type d’exercice. Iconoclaste et délicieusement anar !

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