Mercenaire

Digne d’une tragédie grecque

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Comme j’ai l’occasion de l’écrire chaque année, la rentrée cinématographique est toujours on ne peut plus riche avec les films de Cannes qui arrivent sur nos écrans. Cette fois, ce film de Sacha Wolff a reçu le prix de la Quinzaine des Réalisateurs. Et c’est bien mérité ! Soane, jeune Wallisien, brave l’autorité de son père pour partir jouer au rugby en métropole. Livré à lui-même à l’autre bout du monde, son odyssée le conduit à devenir un homme dans un univers qui n’offre pas de réussite sans compromission. Encore un premier film plus que prometteur, encore un scénario très original, encore un cinéaste à suivre…

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A l’origine de ce projet se trouve la passion de Sacha Wolff pour le rugby qui est pour lui, comme la boxe, un sport aux enjeux physiques très forts avec en plus une dimension sociale. Le ton est effectivement très nouveau ; le metteur en scène et scénariste venant du documentaire, il souhaitait, avant de commencer le film, fréquenter le monde wallisien et celui du rugby local. Cela étant, il a ensuite choisi, après cette phase de documentation, de s’éloigner de cette réalité. Il a ainsi réussi à donner toute son ampleur à cette histoire et creuser un terreau narratif singulier en recourant à la tragédie, aux récits bibliques ainsi qu’aux mythologies océaniennes. Mais, c’est la justesse et la poésie qui marquent ce film de bout en bout. Sa peinture plus que réaliste d’un parcours initiatique dans le monde de l’Ovalie se fait à travers un prisme social, économique et humain. Entre violence et tendresse, ce nouveau réalisateur marque un essai entre les poteaux. Donc transformé. 

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Ces 104 minutes sont portées par une distribution d’acteurs non-professionnels, emmenés par le principal protagoniste,Toki Pilioko. Il est stupéfiant de présence, de force tranquille et de fragilité réunies. Un César du premier rôle ? A ses côtés, une autre découverte, la jeune Iliana Zabeth, bouleversante de justesse elle aussi. Mais, tous ces non-professionnels sont épatants jusqu’au dernier des petits rôles. Mise en scène maîtrisée, belle photographie, scénario surprenant, superbe direction d’acteurs… Un premier film qui en appelle d’autres. Sacha Wolff, un cinéaste à suivre. 

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