Radin

Histoire d’une solitude

radin

Après avoir réalisé plusieurs thrillers d’action (Pour elle, A bout portant et Mea Culpa), le cinéaste Fred Cavayé met en scène sa première comédie. Et franchement, j’y suis allé à reculons, même si j’apprécie à la fois le réalisateur et la tête d’affiche. Qu’est-ce que vous voulez, j’ai la faiblesse de tenir Dany Boon pour un bon comédien que l’on cantonne toujours dans le même registre. Et j’ai raison ! François Gautier est radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher… Honnêtement, sans doute parce que je n’attendais rien de ces 90 minutes, j’ai été très agréablement surpris. Ce n’est pas la comédie de l’année, certes non, ce n’est pas un chef d’œuvre, encore moins, mais j’ai passé un bon moment avec beaucoup de surprises à la clé.

radin-1

Parmi les célèbres radins du cinéma, nous pouvons compter par exemple Scrooge dans Le Drôle de Noël de Scrooge d’après Dickens, le personnage de Louis de Funès dans La Folie des grandeurs ou encore celui campé par Fabrice Luchini dans Le Coût de la vie. Ici, il y a une excellente idée de scénario, dont on pouvait craindre qu’elle s’épuisât (merci beaucoup) rapidement. Les auteurs ont réussi à ajouter pas mal de profondeur, inattendue, avouons-le. Autre idée forte, faire de ce type qui est une véritable ordure, un virtuose du violon, ce qui sauve le personnage de la simple caricature. Bon, ce n’est pas du grand cinéma, le scénario ne manque pas d’incohérences, et la fin qui tire un peu sur le mélo est loin d’être convaincante, mais on s’attache très vite aux personnages, les seconds rôles sont très pittoresques, et, je le répète, les retournements de l’histoire maintiennent l’attention. On ne regrettera pas ce que j’appellerai d’ailleurs plus volontiers une comédie dramatique.

radin2

Dany Boon trouve un rôle plus sombre que d’habitude dans cette comédie pourtant très drôle. Il change de registre sans pour autant casser son image clownesque. C’est peut-être aussi ça, le talent. Les deux femmes sont épatantes, Laurence Arné, que j’apprécie pourtant moyennement d’habitude et la jeune Noémie Schmidt, très juste et qui confirme son rang de révélation car on l’avait déjà vue à son avantage dans L’Etudiante et Monsieur Henry. Voici donc une comédie française beaucoup plus subtile et profonde qu’à l’accoutumée et qui sait nous réserver de vraies moments d’émotion. Quand le pathétique rejoint le loufoque…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s