Divines

Super nanas

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105 minutes de pur bonheur que ce drame écrit et réalisé par Houda Benyamina. Premier film et un coup de maître qui est revenu de Cannes avec la Caméra d’Or et une Mention Spéciale à la Quinzaine des réalisateurs…  Rien que ça !  Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien. J’avoue que je n’étais pas très chaud à l’idée de voir ce film malgré tout le bien qui en était dit. Un « film de banlieue » de plus ? Oui, mais sa grande force est d’être un film engagé mais pas révolté. Et puis découvrir une nouvelle actrice du talent de Oulaya Amamra reste toujours incontournable.

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Le film devait initialement s’appeler Bâtarde, du surnom donné à Dounia par son entourage. La réalisatrice lui a ensuite préféré Divines : nommer le film ainsi aurait été réducteur, en un sens cela aurait donné raison aux détracteurs du personnage. Je veux qu’on dise des filles sur l’affiche, une noire et une arabe, qu’elles sont divines, pas des bâtardes. La thématique principale est effectivement plus large qu’une histoire de deal et d’identité. C’est tout à la fois un récit d’apprentissage, une éducation sentimentale, sociale et religieuse, une déclaration d’amour à la danse et au cinéma, un thriller féminin sous tension, une histoire d’amitié… Divines est inclassable car son récit réunit la poésie, le lyrisme, la violence, sans oublier une bonne dose d’humour. Un film unique. Un coup de poing dont ne se relève pas si facilement.

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Oulaya Amamra, la petite sœur de la réalisatrice, est absolument formidable, il n’y a pas d’autres mots. Une très grande découverte. Elle forme avec Déborah Lukumuena, un duo à la Laurel et Hardy, dans le paradoxe des corps, avec la petite gringalette qui rêve de puissance et la plus imposante qui n’est que douceur. On ne peut oublier les performances de Jisca Kalvanda et Kevin Mishel, épatants également tous les deux. Profond et jubilatoire, ce drame qui refuse tous les clichés, l’angélisme et les bons sentiments, est d’une énergie folle qui emporte tout sur son passage. Plein de vie… de rage de vivre.  Et s’il vous faut une seule et bonne raison de ne manquer ce film sous aucun prétexte : c’est la découverte de l’éblouissante Oulaya Amamra.

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Une réponse à “Divines

  1. Oui un coup de poing ! De l’invective, de l’apostrophe et de la rébellion comme mode de vie avec le phare de l’argent comme guide/repère mais avec en contrepoint l’amitié, la tendresse et la beauté de la danse, des corps, le tout baigné dans une somptueuse bande-son. Superbe et touchant

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