Cézanne et moi

Beaucoup d’ombres au tableau

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Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil… Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer. Eh ben voilà… tout est dit sur ce curieux film de Danièle Thompson qui tient à la fois du drame romantique, du biopic et du film historique. Un mélange peut-être pas assez assumé et qui donne 114 minutes trop hésitantes malgré la splendeur des images et deux excellents comédiens.

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Ce qui a fasciné Danièle Thompson, qui est également la scénariste, dans cette histoire provient du fait que Paul Cézanne et Emile Zola y sont décrits dans leurs jeunes années, bien loin de l’image des vieillards impressionnants que l’on a d’eux aujourd’hui. C’est une dispute au sujet du roman de Zola, L’œuvre, qui sert de fil rouge au drame. Mais hélas, qui trop embrasse mal étreint, le scénario, veut trop nous montrer et même nous démontrer, et on se perd très vite dans les aller et retour dans le temps et dans l’espace entre la Provence et Paris, l’ensemble est confus et on finit par se lasser par ce ballet incessant et par ses disputes à répétition. Voilà, « répétition », le grand mot est lancé. La plupart des scènes censées se dérouler à Paris ont été tournées à Moulins. L’équipe a également beaucoup filmé dans les endroits mêmes où s’était déroulée cette histoire. Parmi eux, il y avait le jardin de Zola, à Médan, ou encore la maison du père de Cézanne, au Jas de Bouffan. Certes, la reconstitution est soignée, la photo de Jean-Marie Dréjou et la musique d’Eric Neveux sont superbes, mais ça ne sauve pas le film. Dommage, car la réflexion sur le statut de l’artiste est intéressante mais trop vite noyée dans une foule d’autres sujets secondaires et souvent parasites.

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Nos deux comédiens, Guillaume Gallienne et Guillaume Canet, dont on attendait tant, déçoivent quelque peu. Non pas par manque de talent, ils en débordent, mais parce qu’ils en font trop et on voit plus les comédiens que les personnages. Alice Pol, Déborah François, Isabelle Candelier font le boulot et on apprécie les apparitions de Sabine Azéma et Laurent Stocker. Donc, point positif : Comment a-t-on pu ignorer si longtemps l’amitié qui unissait depuis l’enfance Paul Cézanne et Émile Zola, deux monuments de la culture française ? Ce film comble cette lacune. Mais les points faibles l’emportent. L’emballage est très beau, l’intérieur ne relève pas du

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