Ben – Hur

Arrête ton char !

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Le dernier film du kazakh Timour Bekmambetov en 2012 s’intitulait Abraham Lincoln, chasseur de vampires ?!? C’est vous dire à quel niveau se situe la production de celui qui porte le même prénom que le célèbre conquérant turco-mongol Tamerlan. Lui aussi ne laissait que des ruines sur son passage. Tout s’explique donc. Ben-Hur retrace l’histoire épique de Judah Ben-Hur, un prince accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger. Il va y rencontrer son destin. Au secours, rendez nous William Wyler et son inoubliable version de 1959 et avec ses 11 Oscar. Cette catastrophe majuscule, pour sa part, ne mérite que l’Oscar du nanar de l’année… Et pourtant il y a de la concurrence.

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Décidément, le péplum ne fait plus recette. Après les échecs de Noé, Hercule  et Exodus, Gods and Kings, voilà le champion toutes catégories de la ringardise. 124 minutes d’ennui (et parfois de franche rigolade… involontaire il va de soi) que les deux morceaux de bravoure que sont la bataille navale et la course de chars ne peuvent sauver du naufrage. C’est sans intérêt, on n’y croit pas un instant, c’est généralement filmé avec une pioche, éclairé avec lampe de poche et photographié avec un Astamatic. La plupart des effets spéciaux sont ratés (en particulier ceux créés pour les chevaux). Les couleurs sont d’une laideur rarement atteintes et les décors font carton-pâte que c’en est un bonheur. Mais que dire de l’interprétation ? Tout le monde en fait des tonnes dans le style tragédie antique, en roulant des yeux, en serrant les mâchoires, et déversant des torrents de larmes factices… on est très loin de l’Actor’s Studio.  

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Les frères ennemis Jack Huston et Toby Kebbell, frisent le ridicule. Sofia Black D’Elia, Rodrigo Santoro, (improbable Jésus) sont au diapason. Seuls  Morgan Freeman (qu’on aimerait voir sortir de ses rôles sempiternels de vieux sages) et Nazanin Boniadi, surnagent à peu près de cette production qui ne réussit qu’une performance, faire plus vieillot que la version de 1959… Cette année, la Paramount va de flop en flop et elle n’est pas là de se rembourser son budget de 100 millions de dollars déboursés pour ce navet qui fera sans doute date, non pas dans l’histoire du cinéma, mais dans celui de la culture de la plante herbacée (brassica rapa) citée plus haut. Et si cette major hollywoodienne se remettait à produire du bon cinéma ?

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