Frantz

La force du pardon

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On ne présente plus François Ozon. Personnellement, je suis fan. Il parvient à me surprendre à chaque film par son originalité, son regard, sa direction d’acteur, et surtout en changeant de genre à chaque fois. Et ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville. 114 minutes d’un drame de haute volée, superbe, émouvant et d’une beauté plastique rare.


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Il s’agit d’un remake du Broken Lullaby, réalisé par Ernst Lubitsch en 1932 et lui-même adapté d’une pièce de Maurice Rostand, publiée en 1930.  Comment passer après Lubitsch ?! s’est demandé François Ozon. Le réalisateur a choisi d’adopter un autre point de vue, celui de la jeune veuve et non du soldat français mais a conservé certaines des scènes créées pour le premier film. Enfin, une seconde partie a également été ajoutée à l’histoire originale, centrée sur le personnage d’Anna. Il s’agit avant tout d’un film sur le mensonge. Le sublime noir et blanc n’est pourtant rien d’autre qu’un choix économique, mais le talent d’Ozon en a fait un atout majeur pour son film. D’ailleurs les quelques retours vers la couleur m’ont paru aussi naïvement symboliques des moments de bonheur que maladroits et inutiles. Mais ce sera là ma seule critique pour cet instant rare de cinéma qui devrait bouleverser tous les publics.

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Quant à l’interprétation, elle tient du miracle. Pierre Niney devient un incontournable du cinéma français et quel que soit le rôle qu’il endosse. Il s’est beaucoup investi pour ce film puisqu’il a appris l’allemand, le violon et… la valse pour ce tournage. Il crève littéralement l’écran à l’instar de la jeune Paula Beer. Lumineuse actrice de 21 ans dont on reparlera forcément. Il y a du Romy Schneider chez elle. Quelle découverte ! Le couple des parents incarnés par Ernst Stötzner et Marie Gruber, est lui aussi en tout point remarquable. Johann von Bülow, Anton von Lucke, Cyrielle Clair et Alice de Lencquesaing complètent la distribution de ce film qui au-delà du mensonge et de ses conséquences, nous parle pêle-mêle, de l’absence, de l’absurdité de la guerre dans  un monde dévasté par la mort et la haine réciproque de deux pays exsangues. Ne ratez pas le nouvel Ozon, c’est un bijou de douceur et d’humanité.

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